Ponte de le tete
Le quartier de San Polo compte un pont au nom assez drôle: le "pont des seins" ! Au XVIème siècle, Venise compte beaucoup d'homosexuels. Les autorités ont donc demandé aux courtisanes, prostituées de l'époque, de se montrer à leurs fenêtres, poitrines dénudées de manière à ce que les jeunes hommes de l'époque pensent plus aux femmes qu'aux hommes... Rien ne dit si cela était efficace...
Durant la première moitié du XIVe siècle, les courtisanes étaient obligées d'habiter un quartier près du Rialto appelé "il Castelletto", et un autre un peu plus loin nommé "alle Carampane" . Le soir, après le troisième son de cloche, les courtisanes devaient regagner leur maison, sous peine de recevoir une amende et 10 coups de fouet. Par ailleurs elles recevaient 15 coups de fouets si elles s'approchaient des hommes lors de la période de Noël, de Pâques ou d'autres jours sacrés. Elles ne pouvaient ni fréquenter les tavernes ni se promener, hormis le samedi, dans les rues de Venise. Dans chaque maison, il y avait la matrone, la directrice qui tenait la comptabilité et payait les taxes.
Il y avait deux catégories de courtisanes : celles de bas rang qui vivaient dans des maisons malsaines et qui fréquentaient le petit peuple et celles de haut rang. Ces courtisanes étaient enviées surtout par les "nobildonne", ces femmes appartenant à une famille noble mais sans titre de noblesse et qui étaient les esclaves de mille règles. Elles enviaient surtout la liberté dont ces courtisanes bénéficiaient et les liens d'amitié qu'elles pouvaient s'assurer. Les vêtements des courtisanes sont des plus élégants, souvant elles oublient d'attacher à leurs cous le foulard jaune imposé par le Consiglio dei Dieci (le conseil des dix), car parmi leurs clients on pouvait compter des hauts magistrats de la République.
Par VENEZIA, Dimanche 13 Aout 2006 à 22:05 GMT+2 dans La hotte du colporteur (article, RSS)




