Le palais des doges
Sur la Piazzetta, au bord de l’eau s’étale généreusement le Palais des Doges, appelé en italien Palazzo Ducale, ou siégea durant plusieurs siècles le pouvoir civil de la cité. Chef-d’oeuvre du gothique vénitien, sa façade s’organise sur trois niveaux superposés: une galerie à arcs brisés, une seconde galerie à arcs trilobés dont les travées sont deux fois moins larges que celle du bas, et enfin une masse pratiquement aveugle en appareillage de pierres de couleurs. On a l’impression qu’un bloc très massif et très lourd repose sur une couronne de dentelle. Entrons dans la cour intérieure, très belle horloge et étonnant Escalier des Géants, de style renaissance, monumental et grandiose... Et puis, commence la visite. Le visiteur suit, à partir de là, un parcours fixe. Allant d’un étage à l’autre, il traversera appartements, salles de réunions et autres galeries, souvent tapissées de chefs-d’œuvre. Il sortira du bâtiment, sans peut être s’en rendre compte, via le pont des soupirs, faisant un tour en prison, avant de revenir au palais. C’est un vrai Monopoly!Il verra ainsi tous les salons, les uns plus somptueux que les autres, mais fera peut être l’impasse sur certaines peintures tant les espaces sont immenses. Et pourtant, le Palais des Doges recèle des trésors. De l’étonnant Lion de Saint Marc de Carpaccio à l’Allégorie de Venise de Giambattista Tiepolo, en passant par la lugubre mais émouvante Pieta de Giovanni Bellini c’est un véritable panorama de l’art vénitien qui se déploie. De Titien, les curieux chercheront le Saint Christophe, curieusement accroché dans un escalier. Mais les deux stars des lieux sont incontestablement Tintoret et Véronèse! Du premier, on ne peut manquer l’immense Paradis de la salle du grand conseil, mais on préfère peut être des oeuvres plus compactes comme la série mythologique de la salle de l’Anticollège . Pour Véronèse, il faut souvent lever les yeux au plafond, Baron et Baron n’hésitent pas à recommander de s’étendre quasiment sur le sol, même si ça ne fait pas très chic, pour admirer des compositions franchement sublimes. Celles de la salle du grand conseil, en particulier sont vraiment extraordinaires
LE PARADIS DU TINTORET
Premier acte : un incendie en 1577 détruit la fresque que le peintre Guariento avait achevée en 1365. Derrière la tribune du doge, l'immense peinture, très hiérarchisée, représentait le couronnement de la Vierge au ciel, symbole à la fois de la récompense des justes et de la puissance de la Sérénissime, dont Marie la pure était un des emblèmes. Il importait donc de remplacer au plus vite la peinture consumée par le feu. Une telle commande suscita évidemment la convoitise. Devant le risque de voir le chantier leur échapper, les peintres locaux obtinrent qu'un concours fût organisé. Deuxième acte : quatre des meilleurs pinceaux de Venise livrent, en 1582, une esquisse aux patriciens, impatients de restaurer la splendeur et le statut de la salle où le Grand conseil se réunissait. Véronèse, qui n'était vénitien ni de souche ni de touche, l'emporta alors sur Francesco Bassano, Palma le Jeune et Tintoret en présentant un projet documenté par l'esquisse de Lille Étrange peinture aux lueurs de fournaise et aux ardeurs spectrales. Superbe chose que la réalisation finale aurait sans nul doute transformée en un bouquet de bienheureux tendus vers la lumière de leur Créateur. Troisième acte : lorsque Véronèse s'éteignit, le grand mur était toujours vierge de son Paradis attendu. Tintoret se fit alors attribuer la commande mais, trop vieux et proche de la mort lui aussi, se contenta d'en esquisser le programme, laissant à son fils Domenico le soin de diriger l'équipe qui réalisa l'une des plus grandes peintures jamais exécutées, à Venise comme ailleurs.
;">:;">" La fortune actuelle du mythe d'Europe n'a probablement dans l'histoire qu'un unique précédent, qui se trouve dans la culture de la fin de la Renaissance, lorsque les expéditions lointaines et la découverte de nouvelles terres imposèrent de leur donner une configuration par l'image et de recourir pour notre continent au mythe homonyme de la jeune fille qui accomplit le grand voyage vers l'Occident. Par référence à une culture qui était déjà concentrée sur l’europe, l'unique représentation d'un continent qui puisse se prévaloir d'un mythe classique fut celui d'Europe. La fable d'Europe enlevée par le taureau blanc s'affirmera dans la culture humaniste de la Renaissance devenant ainsi l'un des sujets les plus aimés des peintres du classicisme européen
lIl y a dans cette histoire une exception à la règle, un artiste qui n’a rien à voir avec tous ces fastes, c’est Jérôme Bosch. Le Palais des Doges conserve, dans la salle des Trois Chefs, deux triptyques (Triptyque des saints ermites et Triptyque de la sainte libérée) et un fameux diptyque, Le Paradis Terrestre / l’Ascension des Ames, avec cette célèbre image du tunnel post-mortem
Par VENEZIA, Lundi 14 Aout 2006 à 12:42 GMT+2 dans La hotte du colporteur (article, RSS)




