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L'ENFANT PRODIGE DE VENISE

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Paolo VERONESE 1528/1588
Paolo Caliari, dit Paolo Véronèse, naquit à Vérone en 1528, son père Gabrielle Caliari était sculpteur, le destina d’abord à sa profession et lui apprit à modeler, mais bientôt entraîné par un penchant irrésistible vers la peinture, il entra à l’atelier de son oncle Antonio Badile. Vasari prétend qu’il eut pour maître Giovanni Carotto, qui avait des connaissances étendues en architecture et en perspective. Les gravures d’Albert Dürer (1471/1528), les dessins du Parmesan (1503/1540) furent des modèles qu’il copia pendant plusieurs années. Après avoir fini différents travaux à Vérone, il fut conduit à Mantoue par le cardinal Ercolo Gonzaga, avec d’autres artistes, pour peindre plusieurs tableaux dans le Dôme.Toujours en avance dans ses travaux et supérieur à ses compagnons, il revint à Vérone, mais n’y trouvant pas assez d’occupations, il partit pour Vicence, puis à Venise où il s’établit. Ses premières peintures exécutées en 1555 dans la sacristie et dans l’église San Sébastiano, le placèrent très vite dans le rang des premiers artistes de l’époque. Son triomphe fut complet et hautement récompensé suite à un concours établit par les procurateurs de Saint Marc, pour la peinture du plafond de la bibliothèque. Il refit en suite un voyage à Vérone, puis revint à Venise, pour travailler de nouveau à San Sébastiano, et au Palais Ducal.



les Noces de Cana

Le procurateur Girolamo Grimano ayant été envoyé par la république en qualité d’ambassadeur près du St Père, Paolo l’accompagna. La vue des œuvres de Michel Ange, Raphaël et surtout l’étude des chefs d’œuvres de l’antiquité eurent l’influence la plus heureuse sur sa manière, qui s’agrandit et se simplifia encore sans perdre de sa grâce et de sa noblesse. Ce fut à son retour en 1562, qu’il peignit pour le réfectoire du couvent de Saint Georges Majeur son célèbre tableau Les Noces de Cana. Entre 1561 et 1570, il immortalisa le luxe de et la splendeur de Venise, la dignité de ses patriciens, la beauté de ses femmes, l’éclat de ses cérémonies, en peignant, sur des toiles colossales, sous des prétextes religieux, pour des réfectoires de couvents cette série célèbre de banquets somptueux : les Cènes. Pour lutter avec le luxe et les dorures du réfectoire construit par Andréa Palladio (1508/1580), le Véronèse avait déployé, dans sa peinture, une magnificence d’architectures de costumes, de couleurs que, malgré les chefs d’œuvre de Titien et de Tintoret l’école vénitienne ne connaissait pas encore. Concernant les Noces de Cana, il fit de ce banquet sacré une réunion glorieuse des célébrités contemporaines ; Il y avait regroupé, sous les yeux indulgents du Christ éternel et de sa mère, les plus hauts potentats de l’Europe. François 1er de France, l’Empereur Charles Quint, le Sultan Soliman ll, la Reine Marie d’Angleterre, les seigneurs et les dames les plus illustres par leur valeur et leur beauté, Eléonore d’Autriche, Alphonse d’Avalos, Vittoria Colonna, ..Etc. Puis sur le devant entre les tables placés, comme musiciens, les grands artistes vivants de Venise, Bassano flûtiste, Tintoret violoniste, et lui-même, Paolo jouant de la viole, avec son frère Benedetto, derrière lui, debout, levant sa coupe pleine.Le tableau fut donné en 1665 à Louis XIV par la république de Venise et se trouve aujourd’hui au musé du Louvre, face au regard protecteur d’une célèbre dame au sourire légendaire…

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Véronèse était alors tellement sollicité, que c’est à peine si Malgré son extrême assiduité, et sa prodigieuse facilité d’exécution, il put suffire, à tous les travaux publics et particuliers, dont il fut chargé. Des églises presque entières ont été peintes par lui, le Palais Ducal est remplit de ses œuvres gigantesques, des maisons de campagne dans les environs de Vicence, de Trévise, de Vérone, sont couvertes de ses fresques, et ses tableaux se trouvent répandus dans toutes les galeries de l’Europe.TITRE_IMAGETITRE_IMAGETITRE_IMAGE

De son œuvre on aura aussi beaucoup retenu ses savoureuses mythologies, si caractéristiques. Car là, ou Tintoret va jusqu’à favoriser les scènes nocturnes, Paolo est le maître des tons clairs, de ses portraits très frais et tactiles, aux œuvres d’une ampleur monumentale parfaitement maîtrisée. Le nom de Véronèse est associé aux femmes voluptueuses et coquettes de ses mythologies, Vénus en tête dans ses amours secrètes avec Mars, exprimées avec une verve attirante, et un goût du luxe qu’il déploie là aussi ainsi que dans ses annonciations et autres œuvres sacrées. On aurait pourtant tort de faire de lui, essentiellement un peintre au style léger : il suffit de voire ses ultimes œuvres religieuses qui, avec des moyens différents, expriment la pieuse intensité dramatique coutumière chez Tintoret.

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Paolo Véronèse mourut le 20 mai 1588, d’une fièvre aiguë gagné dans une procession solennelle faite à l’occasion d’une indulgence accordée par le pape Sixte V. Son biographe Carlo Ridolphi (1594/1658) dit de lui qu’il était un homme au cœur noble et généreux. Simple dans ses actions, il sut conserver toujours la dignité de sa personne et de sa profession. Il eut 2 fils, dont le premier Carlo ou Caretto était aussi un peintre honorablement connu à l’époque, mais qui arrêta son art à la mort jeune de son frère, Gabrielle mort à 26 ans. Paolo eut un frère nommé Benedetto (1538/1588) qui l’aida dans ses travaux et acheva avec ses neveux, ceux qu'il laissa non terminés.


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Tintoret à son temple : San Rocco, Véronèse à son église où il est enterré) : San Sébastiano. Il s’est occupé de ce monument de 1555 à 1588 ce qui correspond à la quasi totalité de son activité Vénitienne. Il a veillé à tout et a souligné l’importance de la musique en peignant l’orgue. Une fois son chef d’œuvre fini, il est allé s’allonger, on peut du reste, voir sa dalle funéraire.

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Il est dans les plafonds Véronèse, avec les quatre évangélistes, Jean, Mathieu, Marc, Luc, et leurs attributs (aigle, taureau, lion, livre ouvert par un ange..). Il passe ensuite au récit qu’on lui a commandé, l’histoire d’Esther qui, bien entendu doit préfigurer celle de la vierge (3 grandes toiles). Il continue par les murs (une annonciation, 2 épisodes de la vie de San Sébastien, (dont son martyre). Et voici l’orgue : Volets fermés : présentation de Jésus au temple. Volets ouverts : la piscine probatique. Garde fou : nativité, deux vertus féminines. Côtés : St Jérôme, St François. Des prophètes, des apôtres, des sibylles, une vierge à l’enfant, une crucifixion avec Marie et Saint Jean. Véronèse dessine lui-même l’autel de l’église. Il en place le retable. 2 grandes toiles pour le presbytère sur la vie de St Sébastiano (beauté du martyre). On peut difficilement aller plus loin dans l’autocélébration glissée dans une religion !

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Aux yeux de beaucoup d’artistes, Paolo Véronèse serait le plus grand de Venise. Non qu’il est possédé un génie supérieur, ou même égal, comme créateur ou novateur, au génie du Tintoret ou du Titien ou Giorgione, mais parce que, venu après eux, et profitant d’eux, il se développa et s’épanouit, dans l’allégresse, heureux d’une assimilation spontanée avec une aisance et une abondance incomparables. Pendant des siècles après sa mort, son œuvre n’aura de cesse que d’influencer dans toutes les écoles sur les meilleurs maîtres, et que tous les décorateurs du XVIIème ou du XVIIIème, tels que Rubens, Van Dyck, Vélasquez, Tiepolo, pour ne citer qu’eux, se soient inspirés de lui. Et aujourd’hui, Monsieur Véronèse, où que vous soyez merci de nous avoir fait ressentir tant d’émotions, et de nous avoir laissé un tel héritage. Vous avez quitté cette vie terrestre voilà fort longtemps, mais vous avez pris place dans nos mémoires à côtés d’autres figures qui comme vous, on marqué par leur art, que ce soit dans la peinture, la musique, ou l’écriture, et gageons que nous puissions ne jamais vous laisser tous un jour dans l’oubli.

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