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Au placard la Réforme !!

Chateau d'Amboise

A l’époque de François 1er les conspirations du XVI ème siècle assombrissent l’histoire. Le développement de la réforme française et la lutte de la monarchie contre les adversaires de l’église de Rome ne se sont pas faits de façon continue. Au contraire, à l’origine, on a pu croire à une certaine sympathie de la part du roi à l’égard du renouveau évangélique, malgré le concordat de Bologne (1516) qui plaçait l’église de France dans la main du monarque. Conseillé par sa sœur Marguerite de Valois, qui l’intéressa aux idées de la réforme, il laissa le protestantisme s’organiser et se répandre parmi les officiers de justice et les métiers de luxe. Mais dans la nuit du 17 au 18 Octobre 1534, des « escripteaux » sont affichés dans les carrefours à Paris, dans les villes principales, Blois, Orléans, Rouen, Tours, et jusqu’à Amboise, sur les portes de la chambre du roi. Le titre ? « Les articles véritables sur les horribles grands et importables abus de la messe papale, inventée directement contre la saincte Cène de Nostre Seigneur »Le texte, attribué à Antoine Marcourt, pasteur de Neuchâtel, est d'une grande violence: il condamne «cette pompeuse et orgueilleuse messe papale... séduction du peuple». La prédication de l'Évangile est rejetée et empêchée, «le temps est occupé en sonneries, hurlements, chanteries, vaines cérémonies, luminaires, encensement, déguisement et telles manières de sorcelleries».

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Défi ou provocation? œuvre d'extrémistes soucieux de faire échouer les tentatives de conciliation au moment même où elles semblaient réussir? Stupeur et colère chez les catholiques, indignation des corps constitués qui incriminent la mansuétude royale. La répression s'abat, féroce. Libraires et imprimeurs sont poursuivis, pêle-mêle avec des hommes de loi, des marchands, des artisans, des gens d'Église, au hasard des clameurs de la rue, des dénonciations, des propos imprudents. Le 13 novembre, un paralytique, Milon, est conduit au bûcher; le lendemain, un riche drapier, Jean Du Bourg: première fournée, œuvre du parlement. En décembre, blessé dans sa dignité, déçu dans ses espérances, le roi prend le relais et se montre impitoyable: «On ne scauroit me faire chose plus agréable que de contynuer en sorte que cette mauldicte et abominable secte ne puisse prendre pied ni racine en mon royaulme.» Les dés sont jetés, les potences sont dressées, les bûchers flambent, les processions se multiplient. La politique de rapprochement avec les princes protestants est abandonnée pour un temps. La barbarie déchaînée, sacrifiant à l'unité de la foi les tenants de la religion nouvelle, multiplie les martyrs, indigne l'Europe, creuse le fossé qui va conduire aux guerres de religion

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