Noiret range son vieux fusil
Depuis hier soir est diffusé en continue l’annonce de la mort de Monsieur Philippe Noiret, qui à mon avis personnel illustrait une grande figure du 7 ème art français. Né à Lille en 1931 il passera l’essentiel de son enfance à Toulouse. Echouant par 3 fois au baccalauréat, c’est après avoir pris des cours d’art dramatique avec Roger Blin, qu’il décidera dés sa vingtième année à embrasser la carrière de comédien. Tels ceux de sa génération comme Jean Rochefort ou Jean-Pierre Marielle, il considérait « qu’être comédien, c’est faire du théâtre ». Après le Centre dramatique de l’Ouest, il poursuivra ses cours à Paris au Théâtre national populaire sous la direction de Jean Vilar. Il y passera une dizaine d’année, et sera à l’affiche d’une vingtaine de pièces comme le Cid en 1951 Macbeth en 1954, le mariage de Figaro en 1956 et bien d’autres… Entre temps il croisera le chemin d’Agnès Varda, et par un coup du sort celle-ci le fera débuter dans son film La pointe courte en 1954. Il faudra encore attendre quelques années avant de voir se former le trio Queneau - Rappeneau – Malle , lui offrant le rôle de l’oncle dégenté de Zazie dans le métro. Il approche en même temps le cabaret où il forme avec Jean-Pierre Darras un tandem raillant le monde et l’actualité politique.
Se succèderont ainsi, et entre autres, le désinvolte d'Alexandre le bienheureux (d'Yves Robert 1966), le juge inhibé de La grande bouffe (de Marco Ferreri, 1973), le bourgeois rigide de Le juge et l'assassin (1975), l'anarchiste en puissance de Coup de torchon (1981), tous deux signés Bertrand Tavernier, l'hypocrite inquiétant des Masques (de Claude Chabrol, 1987), l'animateur homosexuel de J'embrasse pas (d'André Téchiné, 1991), ou encore le tueur à gage à la retraite de Max et Jeremy (de Claire Devers, 1992). Il collaborera à plusieurs reprises avec des réalisateurs tels que Claude Zidi, Bertrand Tavernier et Robert Enrico… Il aura été à l’affiche de prés de 120 films, avec des rôles tout aussi variés tels que la comédie (Tendre poulet en 1978 de Philippe de Broca, On à volé la cuisse de Jupitere du même réalisateur en 1980 avec Annie Girardot, la saga des Ripoux de Claude Zidi avec Thierry Lhermitte, ou dans des rôles plus dramatiques tels que Le vieux Fusil au côté de Romy Schneider en 1975 de Robert Enrico, qui lui valut le César du meilleur acteur, et La vie et rien d'autre de Bertrand Tavernier ou là encore il reçu la même récompense, ainsi que d’autres reconnaissances en Italie ou au Canada.
Philippe Noiret a reçu en 2000 le " Trophée du meilleur ouvrier de France ".
Ces dernières années on le retrouvera plus souvent à l’affiche de pièces de Théâtre dans des textes de Victor Hugo.
Je garderai pour ma part, le souvenir d’un homme avec une allure un peu « nounours bourru » avec sa voix grave et souvent théâtrale, bien qu’il ne soit pas particulièrement de ma génération, il m’aura, parmi biens d’autres comédiens, fait rêvé et donné le goût du cinéma, et je lui rend ce petit hommage en tout modestie, en laissant ces quelques lignes à votre appréciation, pour que comme moi, vous gardiez en mémoire qui était cet homme.
Par VENEZIA, Vendredi 24 Novembre 2006 à 10:05 GMT+2 dans La hotte du colporteur (article, RSS)




