Du côté de la Seudre
Niché en plein pays de Saintonge, à une dizaine de kilomètres de Royan, le village de Mornac sur Seudre vous accueille, lieu de vie côtier en pays de Saintonge. Mornac, du celte « morne » et « acque » (eaux calmes) a été fortifié dés le Moyen-Age pour protéger le trafic maritime entre La Rochelle et Bordeaux.. La présence de traces de vies humaines, découvertes au cours de fouilles archéologiques dans l’église de Mornac sur Seudre révèle une occupation des lieux dés le néolithique et la période gallo-romaine. Dés le Moyen-Age ce bourg côtier se dote de son église Saint Pierre, d’un prieuré fondé au 12ème siècle à l’initiative de l’Abbaye de la Grande Sauve de Bordeaux., d’un donjon entouré de fortifications, d’une seconde fortification protégeant le village, d’une corderie longue de 300 mètres à ciel ouvert. Hormis l’église, tous ces éléments ont laissés peu de traces… A partir du 15ème siècle, les difficultés commencent avec la guerre de Cent ans. Mornac, grâce à son port, constituait un emplacement stratégique pour le négoce entre La Rochelle et Bordeaux, durant les conflits entre Français et Anglais, la ville fortifiée est alors victime de plusieurs sièges. A partir du XVI ème siècle les guerres de religions bouleversent cruellement Mornac sur Seudre. Au 18 ème siècle le désir de justice et de liberté des hommes soulève les habitants du village. Pierre Boscal de Réal, le dernier des 27 seigneurs qui se sont succédés à Mornac, refuse l’ordre nouveau et prend le chemin de l’exil. Après la seconde guerre mondiale, des fouilles archéologiques sont entamés dans l’église : l’intérêt du village est incontestable…aujourd’hui Mornac compte parmi les « plus beaux villages de France ».
Il y a quelques milliers d’années la côte de la presqu’île d’Arvert était découpée différemment. L’apport de sédiments fluviaux ou encore les dépôts maritimes déportés par la dérive littorale, les fluctuations du niveau de la mer..Déterminent le trait de côte actuel. Décrochée de la côte par l’estuaire de la Gironde au sud d’une part et par l’estuaire de la Seudre au nord d’autre part, cette avancée de terre révèle des paysages variés. En longeant la rive gauche de la Seudre on peut observer plusieurs villages. Mornac, planté sur une légère hauteur au milieu des marais, illustre une harmonie entre la nature et les hommes et offre un patrimoine varié. Ce paysage entre terre et mer, a été progressivement façonné par l’homme. La saliculture, l’élevage de poissons puis l’ostréiculture ont nécessité des aménagements structurés permettant une maîtrise parfaite des flux de la maré. A partir du Moyen-Age, l’homme conquiert les vasières afin de produire du sel et d’élever des poissons. De petites vannes permettent de contrôler les flux d’eau. On peux encore en observer quelques unes entre les digues. Ces marais salants, toujours situés à l’intérieur des endigages, seront par la suite transformés en claires pour les huîtres. A l’extérieur de ces digues où « taillées, des claires de sartières ont été façonnées à partir du XVII ème siècle, elles subissent l’influence des marées. Des parties de chenaux ont également été redressées, ces marais sont donc complètement aménagés par l’homme.
Le village groupé, de forme circulaire, est tout à fait caractéristique des bourgs médiévaux. Au XII ème siècle il était entouré d’une enceinte et d’un fossé. Il s’agrandira ensuite à l’extérieur de ses fortifications d’un premier faubourg du côté des halles puis d’un second du côté des constructions navales et de ma corderie. Des ruelles étroites et tortueuses serpent entre les maisons basses blanchies à la chaux. On parle traditionnellement de « quartier arabe », probable enceinte architecturale de l’implantation mauresque dés le début du Moyen-âge. Sur les restes d’un édifice mérovingien, l’église en partie romane ( du XI ème siècle) conserve son plan en croix latine. Un magnifique chevet semi-circulaire classé monument historique et de beaux chapiteaux romans présentent l’aspect propre à l’architecture de cette époque. La coupole de forme barlongue semblerait être un cas unique parmi les églises Romanes de Saintonge ! Derrière le chevet, on y trouve des sarcophages mérovingiens qui ont été découverts au cours de fouilles au milieu du XX ème siècle. Le 1er temple protestant est construit en 1627 ; Victime des guerres de religions celui-ci est détruit à quatre reprises.
Les Halles
Au Moyen-âge cet abri charpenté, divisé en trois nefs, soutenu par des piliers de pierre et couverts de tuiles, appartenait au seigneur : celui-ci louait aux marchands des emplacements, en échange il devait entretenir les lieux. Le moulin à marée
Dépendance du château, ce moulin était alimenté par un réservoir d’eau ou « monard » à l’est, qui servait également de vivier à poisson à la demeure seigneuriale.
Après la révolution, le moulin est vendu en tant que bien national, puis il passe à nouveau dans les mains de privés, dont une famille de meuniers.
Il fait bon prendre le temps de se promener dans les rues étroites et lumineuses, à cette époque de l’année, ou le touriste est rentré bien sagement chez lui, (pas moi j’aime pas être sage !!), du haut du clocher de l’église, on peut contempler les rives de la Seudre ; Lieu de vie privilégié pour les aigrettes, hérons et autres oiseaux du marais, ( j’aime bien le marais :o) !). Un milieu riche et varié pour qui prend le temps de l’observer. Au fil des ruelles, des ateliers d’artisans, galeries d’art, et boutiques diverses s’ouvrent à nous. Puis nos pas nous conduisent sur le port où des bateaux traditionnels sont là pour rappeler son long passé maritime. Le port de Mornac a longtemps été l’objet d’enjeux. Dés le Moyen-âge il sert de relais entre la Seudre et la Gironde par « le chemin des mornaçons » : passage terrestre le plus court permettant d’éviter le dangereux pertuis de Maumusson, en particulier pour les échanges entre La Rochelle et Bordeaux. Vers la fin du ce port sera aussi un lieu d’exportation du sel surveillé par les gabelous (les douaniers). Le port de Mornac et son « achenau » nous dévoilent un patrimoine maritime dense comme le moulin à marée et les gréements traditionnels, les cabanes ostréicoles colorées et les cabanes de sauniers en roseau (reconstituées.). Lors de ma promenade le long du port, mon attention a été attirée par un singulier édifice en bois, sorte de lanterne, dont les origines remonteraient au VIII ème siècle : des « feux » étaient édifiés à l’époque médiévale pour guider la navigation. C’est l’une de ces structures rudimentaires qui est reconstituée ici sur le marais de la Seudre, à Mornac dans le cadre d’une exposition. Des cabanes ostréicoles complètent ce décor si calme et reposant.
Par VENEZIA, Dimanche 26 Novembre 2006 à 09:30 GMT+2 dans Tous les chemins (article, RSS)




