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Tailler une plume

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Cette expression qui exprime la fellation a vu le jour chez les libertins lettrés, avant de se propager assez largement, mais modérément tout de même, dans des couches plus populaires au cours de la première partie de ce siècle. Jacques Cellard, chroniqueur du langage au Monde et auteur d'une anthologie de la littérature argotique, qui a parfaitement analysé cette tournure, l’explique ainsi : « la métaphore » porte sur la plume d’oie dont on humectait le bec de la langue pour pouvoir le tailler au canif, opération souvent confiée à une femme ; Un roman de 1868 a pour titre : Cécile Coquerel, tailleuse de plumes. » L’une des premières attestations de la locution est fournie en 1906 par Guillaume Apollinaire qui la situe dans le corps enseignant : « ah ! Hélène, comme ta langue est habile ! Di tu enseignes aussi bien l’orthographe que tu tailles les plumes, tu dois être une institutrice épatante. » les Onze Mille verges Cette façon de dire est encore d’un usage assez fréquent ; Elle semble même jouir d’un regain de faveur grâce à l’extrême popularité « tailler des pipes », expression qu’elle a engendrée, et dont elle paraît être aujourd’hui une simple alternative farfelue pour l’auditeur non averti. « Je connais des gens qui, grâce à M. Hachette, ne mourront pas idiots en apprenant ces vieillottes expressions comme « bouton de rose » et sauront dire « tailler une plume » en latin. C’est çà qu’est chic ! » (Le Canard Enchaîné, 5 mai 1982.)

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