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e remercie celui qui me guide depuis ces dernières années dans cet univers, et qui, sans son oreille attentive à mes goûts et ma soif d’apprendre, ne m’aurai pas permis d’écrire cet article
Né en 1978, Philippe Jaroussky débuta sa carrière musicale par le violon et obtient le pris du CNR de Versailles. Il pratique en parallèle le piano ainsi que l’analyse et l’écriture musicale. C’est en écoutant et en chantant très jeune les disques de la Callas que lui vient la passion du chant. Il pratique cet art dés 1996, et rentre au département de musique ancienne du conservatoire de Paris en 1997, obtenant ainsi en 2001 son diplôme de chant avec les félicitations du jury.
Ses débuts il les fait aux festivals de Royaumont et d’Ambronay dans l’oratorio inédit de Scarlatti : Sedecia recrée avec Il Seminario musicale et Gérard Lesne. Avec la grande écurie et la chambre du Roy, dirigée par Jean-Claude Malgoire il participe en 2000 à la trilogie Monteverdi (il Ritorno di Ulisse, L'incoronazzione di Poppea), chante en 2001 le rôle d’Arbace dans l’opéra de Vivaldi Catone in Utica, le Nisi Dominus du même compositeur, et le Stabat mater de Pergolèse. En 2003 il joue le rôle de Néron dans Agrippina de Handel, et triomphe en 2005 dans le rôle titre de Rinaldo.
Avec l’ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi il est unanimement salué dans l’opéra vivaldien La vérité in cimento.
Quel parcours pour un jeune artiste ! Il n’a pas atteint la trentaine, et a déjà été dirigé par des chefs d’orchestre à la renommée incontestable tels que René Jacobs, Jean-Claude Malgoire, Andréas Spering et prochainement par Williams Christie.
Son premier des trois disques récital enregistré avec son jeune ensemble Artaserse et consacré à Benetto Ferrari a remporté de nombreuses récompenses dont le Diapason d’or pour ne citer que celle-ci, il en va de même pour son second consacré aux cantates pour alto de Vivaldi, et il y a un an son enregistrement Beata VergineHeroes dans lequel il est accompagné par Jean-Christophe Spinosi et l’ensemble Matheus vient de sortir et est déjà Diapason d’or et Choc du monde de la musique.
Les contre-ténors qui comptent on les connaît ils sont allemands (Andreas Scholl), espagnols (Carlos Mena) mais hormis bien sûr Gérard Lesne, rarement français. Mais avec Philippe Jaroussky ce constat est en train de basculer et de devenir caduque, on peut dire avec une quasi certitude que la relève est en passe d’être assurée dans l’hexagone. consacré à la musique mariale du XVIIème.
Il a brillamment confirmé qu’il était bien l’une des étoiles de sa génération vainqueur notamment aux victoires de la musique en 2004 dans la catégorie révélations lyrique.
Son dernier album
Heroes son dernier enregistrement n’est certes pas le nouveau pendant masculin d’une mode vénitienne lancée par Cécilia Bartoli au tournant du millénaire, et régulièrement remise au goût du jour par Naïve, aussi bien à travers des programmes originaux par Alessandrini, que des compilations puisant dans l’intégrale en cours tels le titre carrément racoleur de Il Furioso. Car le récital Vivaldi de Philippe Jaroussky et Jean-Christophe Spinosi est avant tout l’aboutissement d’une collaboration d’autant plus étroite que ce programme a été rodé et peaufiné avec beaucoup de conviction. Ce qui frappe donc avant tout dans ces pages qui illustrent avec variété et finesse l’ambivalence du guerrier amoureux lyrique typique de l’opéra baroque, c’est l’osmose entre le chef et le chanteur, l’alchimie entre les timbres de l’Ensemble Matheus et la voix du contre-ténor, l’attention chambriste qui lui est portée, jusque dans le plus frémissant murmure d’un Zeffiro leggier. Cette voix, justement, qui, sans perdre de son angélique extension, ne cesse de gagner en rondeur, en couleurs, demi -ton par demi-ton dans le grave de la tessiture. Au jeu des comparaisons – la concurrence devient rude ; Philippe Jaroussky ne fait pas mieux, mais, différent, ce qui finalement est aussi bien.
Il est extraordinaire dans les airs tels que « Mentre dormi » ou « Sovvente il sole ». Le temps y est suspendu en pure poésie. Les airs vocalisant (« Se in ogni guardo », « Fra le procelle ») sont véloces mais toujours un peu clairs et désincarnés. Alors certains spécialistes mieux avisés que moi, diront et à juste raisons, qu’il lui manque encore ce petit quelque chose qui vous donne des frissons et apporte plus d’expression et de vécu à son interprétation, et je suis d’accord sur ce point, mais pour un néophyte comme moi, qui suis maintenant ce jeune artiste depuis 3 ans, je suis de plus en plus touché par son jeu et son expression. Quand il attaque les brusques passages en poitrine de « Ferma pur, si lagni Roma », ou de « Nel profondo cieco mondo » sont délicats à gérer, mais il est techniquement parfait. Dans d’autres airs il trouve un excellente concentration, avec une voix plus ronde et plus chaude. Son phrasé y est toujours parfait.
Parce qu’elle est mélodieuse, directe dans son ardeur descriptive, souvent euphorisante, la musique de Vivaldi a la réputation d’être facile. Invitant à l’écoute plus qu’il ne donne à entendre, ce disque en révèle les plus savoureuses subtilités.
DISCOGRAPHIE
Heroes - Récital - Les airs des héros de l'opéra vivaldien
Antonio Vivaldi Philippe Jaroussky Jean-Christophe Spinosi Ensemble Matheus
Virgin Classics ; CD album ; 11/2006
Beate Vergine - Récital - Motets dédiés à la Vierge
Philippe Jaroussky Alessandro Grandi Giovanni Legrenzi Pietro Francesco Cavalli
Virgin Classics ; CD album ; 03/2006
Selva morale e spirituale
Claudio Monteverdi Gabriel Garrido Adriana Fernandez Philippe Jaroussky Fabian Schofrin
Ambronay ; CD album ; ( 4 volumes ) ; 09/2005
L'Orfeo
Claudio Monteverdi Jean-Claude Malgoire Philippe Jaroussky Kobie van Rensberg
Dynamic ; CD album ; ( 2 volumes ) ; 06/2005
Agrippina - Enregistré au Théâtre de Tourcoing
Georg Friedrich Haendel Jean-Claude Malgoire Philippe Jaroussky
Dynamic ; CD album ; ( 3 volumes ) ; 03/2004
Un concert pour Mazarin - Musique italienne du Grand Siècle français pour soprano
Philippe Jaroussky Ensemble La Fenice Jean Tubery Francesco Turini Giovanni Battista Bassani Francesco Foggia
Virgin Classics ; CD album ; 03/2004
Virtuoso Cantatas
Antonio Vivaldi Philippe Jaroussky Emilia Gliozzi Ensemble Artaserse
Virgin Classics ; CD album ; 02/2005Par VENEZIA, Mercredi 27 Decembre 2006 à 19:52 GMT+2 dans La hotte du colporteur (article, RSS)
Vos commentaires
Le Mardi 2 Janvier 2007 à 20:09 GMT+2, par v.king
En plus d'avoir une voie sublime il est vraiment charmant ce jeune homme!!! 
Le Vendredi 12 Janvier 2007 à 06:56 GMT+2, par Klingsor
L' auditeur , comme le spectateur , ne "mange" que ce qu' on lui donne à ingurgiter et , malheureusement , en musique , à l' inverse de tous les autres arts , il est prêt à accepter n' importe quel pitance , pourvu qu' on lui serine qu' il s' agit là d' une "référence" , de ce qui se fait "de mieux" , qu' on atteind au "sublime" et que cela soit régulièrement martelé par de la pub , télévisuelle , si possible , ou , au minimum , magasine ou placardée . Ainsi en est-il de certains chanteurs dont l' omniprésence cache la forêt .
En France , il semblerait que le "marché" ne doive se réduire qu' à un seul contre-ténor VISIBLE , alors qu'en fait , et contrairement à ce que j' ai pu lire et qui m' a fait bondir , il en est bien d' autres qui "COMPTENT" , sur le terrain , même si le "grand public" n' en entend pas parler . Dois-je en dresser la liste ? Monsieur Gérard Lesne a déjà été cité ; j' imagine qu' il l' a été , parce que le rédacteur de l' article a , là encore , suivi l' avis irréfutable de sa "mémoire pub" télévisuelle d' il y a quelques années ( c'est fou comme la rétine en reste marquée à jamais ! ) , car , il faut s' empresser d' avouer qu' à ce jour , M. Lesne a été balayé des bacs des disquaires par ce même chanteur dont il a mis le pied à l' étrier . Plus de disques , plus beaucoup de concerts , pas d' opéras ( mais ça n' a quasiment jamais été le cas ) ... Ce doit être cela un chanteur qui "compte" .
Alors , la liste ... Pascal Bertin : vous ne connaissez pas ? Il ne s' étalle pas en pub dans le métro ? Il chante pourtant à ... Salzbourg , au Japon ... et enregistre pour Decca , DG , HM etc ! Robert Expert , Damien Guillon , Thierry Grégoire ... Sans oublier , mais je gardais son nom pour la "bonne bouche" , celui qui reste le plus formidable acteur-chanteur de sa génération , toujours "bon pied-bon oeil" , qui chante partout dans le monde ( Munich , Paris , Milan ... ) , du répertoire le plus ancien ( nottamment avec son ensemble "Clément Janequin" ) au plus contemporain ( des créations à la pelle ! ) : Dominique Visse !!! S' il y en a bien un qui compte , c' est lui ! Car il n' est pas trop fort d' affirmer que son talent est unique et qu' il est inimitable , même si de jeunes collègues , même étrangers ! , tentent de le faire pour "reprendre le créneau" .
Il en est des contre-ténors comme des autres types de voix : il existe différents "types" de sopranos , ténors , barytons , basses ... il en est de même pour les contre-ténors ; malheureusement pour "eux" , pour nous , et bien que la vogue baroque se poursuive bon an mal an , le MARKETING musical n' accepte qu' un chanteur de cette catégorie vocale , à la fois . Et mesure tous les autres à l' aune de ses qualités , à lui . Comme s' il ne devait y avoir , actuellement , qu' Anna Netrebko ( exit Dessay , Fleming , Gheorgiu , Ciofi ... ) sur le marché des sopranos !!!
Alors , de grâce , plutôt que de véhiculer le "pré-mâché" marketing dont on nous gave à longueur d' année , faire preuve de curiosité me semble une résolution valable pour 2007 , comme pour les années à venir , et des plus charitable pour ces chanteurs qui , pour rester dans l' ombre , n' en "COMPTENT" pas moins sur le terrain quotidien de l' expression musicale française et étrangère .
Le Vendredi 12 Janvier 2007 à 07:51 GMT+2, par Klingsor
Quel piètre journaliste je ferais ( mais à 6h du mat , avant le café ... ) : j' en ai oublié le "rival" discret de M. Jaroussky : Christophe Dumaux . Voilà l' antithèse absolue : il n' a , à ce jour , me semble-t-il , pas enregistré le moindre récital solo , mais il se paie le luxe d' être dans l' une des agences les plus réputée au monde , de chanter à Glyndebourne , au MET !!! ( avec une soprano nommée Fleming et l' un des contre-ténors qui "COMPTENT" : Andreas Scholl ... ) ... Les méandres d' une carrière sont d' un imprévisible !
Voilà , j' en ai presque fini ... si ce n' est pour ajouter que même votre liste de "contre-ténors" qui comptent me semble caduque , car au CAC40 du jour , ce sont Bejun Mehta , Lawrence Zazzo qui tiennent le haut du pavé , avant de se faire , très prochainement dépasser par certains David Hansen et David DQ Lee ...
La vie d' un contre-ténor est des plus courtes ; c' est une denrée très périssable ; aussi "fragile" que le "cristal" de ces voix dont les "marketeurs" ignares continuent d' affubler ces pauvres ersatz de castrats ( voilà pour le fatras d' idées reçues véhiculées depuis des années ) .
Le Mercredi 24 Janvier 2007 à 22:01 GMT+2, par jardinbaroque
Cher Klingsor,
Quelle ire à peine contenue semble avoir déclenché cet article consacré à Philippe Jaroussky par un de ses admirateurs. Je comprends votre point de vue et partage votre avis concernant le public qui ne "mange que ce qu'on lui donne", à grands renforts de pub.
Je ne suis pas un inconditionnel de Jarrousky, dont j'admire la technique mais déplore la froideur, quoique ce dernier récital me semble amorcer un semblant de dégel (même si l'aria "Sovvente il sole" n'arrive pas, à mes oreilles, à la cheville de la version Cencic/Marcon). Lesne, Visse, Bertin, et j'ajouterai Mena, sont, à mes yeux, des gens qui comptent, comme le fut aussi Scholl à ses débuts, lorsqu'il chantait des English Folksongs avant de se fourvoyer dans du répertoire ressassé (Handel...).
Quitte à vous choquer, j'attache, pour ma part, une importance aussi grande au répertoire qu'aux voix. Que tous les contre-ténors que vous avez cités soient des "grands", je veux bien, mais quel type de répertoire défendent-ils ? Jaroussky est peut-être un produit marketing, mais un de ses premiers disques était consacré à Benedetto Ferrari et pas à une 12000e version du Stabat Mater de Pergolèse ou du Nisi Dominus de Vivaldi, oeuvres qui, si j'en crois les musicologues, n'ont d'ailleurs PAS été écrites pour ce type de voix. Visse fait figure de remarquable exception, puisqu'il s'occuppe essentiellement de répertoire renaissance, ce qui, à titre personnel, me réjouit. Je ne connais pas Christophe Dumaux, mais vous me faites peur en disant qu'il chante avec Renée Fleming, dont on ne peut pas dire que les prestations en matière de musique baroque aient été, jusqu'à présent, des révélations (je ne pense pas qu'Handel et Dvorak se chantent de la même façon ?).
Mais laissons-là ces considérations techniques. Que l'auteur de l'article ait quelque peu versé dans la dithyrambe, je vous l'accorde, mais toute personne qui découvre la musique a, tôt ou tard, un "modèle" qu'il va suivre, et qui va doucement le conduire, s'il est curieux, vers des rivages moins fréquentés. J'ai vécu ceci lorsque, balbutiant, j'ai découvert l'Orfeo de Monteverdi dans la vieille version de Gardiner. Je ne jurais que par ce chef, je voulais tout avoir de ce qu'il enregistrait. Et puis, un jour, je me suis rendu compte qu'il n'enregistrerait pas tout ce que j'avais envie d'entendre, et je me suis tourné vers d'autres chefs, d'autres ensembles. Il faut laisser le temps aux gens de faire leurs armes, en les conseillant plutôt qu'en vitupérant. Le premier qui élève la voix est celui qui a tort. Pourquoi, dans une optique plus constructive, n'avez-vous pas conseillé à Venezia trois ou quatre disques à écouter pour le "purger" de son jarousskysme ? Vous semblez connaisseur, vos conseils eussent été bienvenus.
Cordialement.