Drôle d'hiver !
Leur nom évoque irrésistiblement le printemps, et le jardinier attentif attend leur floraison comme une promesse des beaux jours à venir. Les quelques pieds subtilisés par une dame d’un certain âge dans les forêts environnantes et replantés au jardin ont fait des petits et s’étendent un peu plus chaque année, éclairant de couleurs pastel l’essai de mini sous-bois recréé devant la maison avec fougères, pervenches, violettes, muscaris, crocus et autres jacinthes. Surprise, cependant, quand apparaît, dans la première quinzaine de janvier, une tache jaune au-dessus du feuillage bien vert des primevères, puisque c’est d’elles dont il s’agit, annonçant le prompt éclatement du bouton floral. Eh, Dame Nature, cette espèce fleurit normalement en mars, n’y aurait-il pas un léger problème dans votre calendrier ? Réponse de la belle quelques jours après avec une autre montée de boutons, et l’éclosion de quelques nigelles de Damas, histoire de compléter le tableau. Le printemps en plein hiver, pourquoi pas ? Mais on a quelque crainte en imaginant à quoi pourrait ressembler, si les choses continuent ainsi, le mois de juillet.
Finalement, le seul à ne pas sembler trop perturbé par les caprices météorologiques – quoique sa floraison de l’automne dernier était plutôt inattendue – est l’hamamélis, tout d’or vêtu en ce moment, ce qui est parfaitement normal. C’est même pour sa propension à fleurir en plein hiver, plutôt peu fréquente dans le règne végétal, qu’il a rejoint le jardin, ce lointain cousin du noisetier. Et même si la jardinerie l’a vendu pour un Hamamelis mollis, variété théoriquement parfumée, et qu’il s’est, en fait, révélé complètement inodore (sans doute une erreur d’étiquetage), sa floraison sur des branches dénudées est pleine de charme, et son côté « arbuste sans problèmes », nécessitant juste une réacidification annuelle et un peu d’engrais est une bénédiction.
Par VENEZIA, Lundi 22 Janvier 2007 à 18:04 GMT+2 dans La hotte du colporteur (article, RSS)




