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Stella ou L'histoire d'une 2ème vie



Pour une lecture en musique : Henry Du Mont (1610-1684)
Motets pour la messe du roy
Alpha : Ensemble Pierre Robert
Extrait choisi : "Adore te"



Sainte Cécile avec vue de la villa Médicis ,1626 peinture sur cuivre

De passage récent à Lyon, je me suis arrêté au musée des beaux arts, où une expo consacrée à un peintre d’origine lyonnaise quasiment inconnu, nous permet de découvrir un artiste aux diverses facettes, il s’agit de Jacques Stella (1596-1657) .
Je n’ai pas la prétention de jouer au spécialiste de critique de peinture, mais il est à mon sens aussi important que des personnes tel que moi, puisse raconter ce qu’ils ont aimé découvrir, avec nos mots. Ainsi le lecteur qui pourrait d’aventure s’attarder sur ces pages, voudra tenir compte du fait que je ne suis qu’un homme qui raconte les choses avec ses moyens, mais toujours avec du cœur beaucoup de plaisir et m’a propre sensibilité. Donc pour revenir à notre peintre oublié, d’après mes recherches, on peut dire qu’il est un artiste largement tombé dans les oubliettes de l’histoire de l’art, vieux garçon au caractère réputé froid et maladif. Il est né à Lyon en 1596, son père peintre d’origine flamande meurt en 1605. Sa mère fille d’un notaire de l’Arbresle, se remarie avec un autre peintre, Jacques Maury, qui donne à Stella sa première formation artistique. Il s’installe à Florence entre 1619/1622 où il y travaille la gravure et le dessin. De 1623 à 1634 il élu résidence et suit une formation à Rome, où il fréquente l’Académie de Saint Luc et la crème du milieu artistique. Il devient l’ami et l’admirateur de Nicolas Poussin. C’est en 1635 que Richelieu le retient à Paris, et le nomme rapidement peintre ordinaire du roi (ce qui se traduit par un logement au Louvre et le versement d’une pension confortable). Il fera sa carrière parisienne jusqu’en 1657, il y recevra des commandes prestigieuses privées et publiques. Peu de documents d’archives ont été conservés, notamment parce que Stella ne se maria pas, n’eut pas d’enfant. En 1644 il reçoit du futur Louis XIV l’ordre de Saint-Michel, fait rarissime. Il mourut en 1657.

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Peintre ordinaire du roi, proche des pouvoirs politiques et religieux, Jacques Stella n’est pas l’artiste le plus émoustillant que l’on puisse imaginer ! On le découvre d’ailleurs dans une première salle du musée, à travers un portrait,le teint pale et le regard fuyant, il se tient tristouné et apeuré, aux côtés de sa mère qui, elle au contraire, nous fixe de son regard dur, glacial, inquiétant. Dans l’ombre de sa mère, Jaques Stella est resté aussi longtemps dans l’ombre de Nicolas Poussin, dont il était ami proche, dont il achevait et revendait les œuvres, avec qui on le confond souvent. Ou que l’on considère comme un simple suiveur du grand maître français du classicisme. Les marchands allaient jusqu’à effacer son nom sur ses gravures pour le remplacer par celui de Poussin afin d’en obtenir un meilleur prix ! Ni vu ni connu : tour de passe-passe commercial symptomatique de sont statut de peintre biffé par le temps, négligé, fantomatique. Il a fallut plus de trente années et l’acharnement de deux hommes : Gilles Chomer, puis à sa mort Sylvain Lavessière, pour sortir Stella de l’oubli et le faire reconnaître comme l’un des grands peintres du XVIIème injustement oublié par les historiens d’art, auteur d’une œuvre extrêmement variée. L’exposition, sobrement mise en scène, rassemble quelques 200 œuvres, dont beaucoup d’encres et d’estampes superbes. Certaines œuvres ont été attribuées à l’occasion de la préparation de l’exposition, d’autres sont encore controversées ou demandent à être plus précisément datées…



Bethsabée recevant le message de David, dit aussi David et Bethsabée. 1634 ?

Le parcourt est à la fois chronologique et thématique : des débuts du peintre à Lyon et sa 1ère formation à Florence jusqu’à ses dernières séries gravées, en passant par don long séjour à Rome, sa carrière parisienne, ses grandes peintures d’église (nous sommes alors en pleine période de la Contre-Réforme où l’église catholique tente de reconquérir ses ouailles par le biais, notamment, de l’art et d’une imagerie efficace quasi publicitaire), l’influence de Poussin…Comme chez ce dernier et dans la lignée du classicisme français, nombre de toiles de Stella se caractérisent par leurs perspectives rigoureuses, leur style pure et linéaire, la délicatesse des lumières et des expressions, la précision incroyable des détails… Son David et Bethsabée est sans doute un des sommets du genre. Les scènes bibliques ou antiques de Stella s’avèrent généralement d’une beauté et d’une maîtrise impressionnantes.


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L’exposition recèle aussi des surprises, comme, par exemple, le travail étonnant du peintre sur des matériaux inhabituels : cuivre, ardoise, pierre, marbre… Sur ces supports presque vivants, Stella joue avec les textures, les marbrures, l’oxydation donnant à certaines représentations religieuses des allures presque surréalistes. ailleurs le mouvement et la violence se déchaînent quelque peu, l’enlèvement des sabines (reprise du célèbre tableau de poussin) ; la grisaille (un procédé tout en dégradés de bleu, presque monochrome) du massacre des innocents a des airs d’apocalypse définitive. Stella est un artiste qui ne manque pas non plus d’humour, représentant avec ironie la mort en astrologue, ou agrémentant sa délirante Tentation de Saint-Antoine d’une sorte de singe présentant son postérieur planté d’une bougie allumée ! Il croque encore les travailleurs de son temps, quelques paysages paisibles et montre l’envers du décor de la Grande Histoire à travers une série gravée de scènes pittoresques : vendanges, mariage, travaux des champs, veillée à la ferme, moissons…Bref, si Stella impressionne d’abord par sa belle voie personnelle tracée dans l’univers du classicisme, il charme aussi par les multiples petits chemins de traverse empruntés à l’occasion d’études, d’esquisses ou d’œuvres plus modestes.


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Il m’a été difficile de choisir les toiles que j’allais vous présenter ici, aussi en guise de conclusion je vous ai présenté celles qui j’espère éveillerons votre curiositée et vous pousserons à découvrir ce peintre enfin sorti de l’oubli. Pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion de découvrir l’exposition qui vient de s’achever à Lyon, ils peuvent se réjouir, Stella sera dans la ville rose du 16 mars au 18 Juin 2007 au musée des Augustins de Toulouse.

Vos commentaires

1 Le Vendredi 11 Mai 2007 à 11:49 GMT+2, par Julien

Merci pour cet article qui m'a permis de découvrir ce peintre inconnu de moi jusqu'alors. Deuxième grand merci pour l'extrait musical qui va me permettre d'augmenter ma collection de cd adorés !

2 Le Vendredi 11 Mai 2007 à 13:34 GMT+2, par Venezia

Bonjour cher Julien et soyez le bien venu, J'ai eu le loisirs d'admirer par 2 fois l'expo "Jacques Stella" qui s'est tenue cet hivert à Lyon, il m'a été dur de choisir les toiles que j'allais afficher ici, malheuresement on ne pouvait prendre de photos de l'expo..Ceci dit cette exposition est partie s'installer jusqu'à fin Juin au Musée des Augustin de Toulouse, si vous habitez ce coin...

3 Le Vendredi 18 Mai 2007 à 17:31 GMT+2, par Julien

Hélas non, je demeure dans le Centre, entre Chartres et Orléans.

4 Le Dimanche 20 Mai 2007 à 18:43 GMT+2, par Venezia

Vous avez un beau musée des beaux arts à Orléans, j'ai été impressionné par la qualitée des ouevres exposées au public!!, pour info cher Julien je vie à Tours, et c'est pratique pour naviguer dans toute les directions ;-)

5 Le Samedi 2 Juin 2007 à 16:32 GMT+2, par Julien

Ah! mais, c'est très proche en effet ! :o)

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