Bonbecs et Tatin
Et si aujourd’hui on parlait cuisine ? Nan je vais pas vous faire un cours, mais lisez plutôt.. Contrairement à une idée reçue, l’expression « qui dort dîne » ne veut pas dire que le sommeil fait oublier ou passer la faim. Son origine viendrait de l'habitude prise autrefois par les voyageurs, faisant halte dans des relais de poste. Qui voulait une chambre, devait, par la même occasion, s'attabler. Sur l'enseigne de ces auberges, il était écrit : ”Qui dort, dîne”. Autrement dit, qui veut dormir doit dîner. Dans le langage des cuisiniers, le "Gâte-sauce”, c'est un marmiton. Et tout laisse à penser qu'on le nomme ainsi parce qu'il doit en louper quelques-unes avant de se faire la main. Opinion qui ne peut être que corroborée par le fait, qu'autrefois le mot “gâte-sauce” ne désignait pas le jeune marmiton, mais un mauvais cuisinier.
Caroline et Stéphanie TATIN, deux soeurs aubergistes à Lamotte-Beuvron en Sologne vers 1898, dans la hâte précédant l'arrivé de nombreux clients de l'auberge, firent tomber une tarte aux pommes (en fait c’était la plus jeune). En ce temps-là, la vie dans les campagnes était dure et jeter de la nourriture était sacrilège. Les sœurs TATIN ramassèrent la tarte en la remettant à l'envers dans son moule, et la repassèrent au four. La délicieuse tarte caramélisée qui en résulta assura leur célébrité, et croyez moi encore aujourd’hui avec une boule de glace vanille c’est un régal !!
Bon on aime ou on n'aime pas, mais c'est bien joli tout ces bombons de toutes les couleurs dans leur grand papier. Ça vient d'où ce truc ? Et bien voilà : A la fin du 18e siècle, un dénommé Papillot, apprenti chez un confiseur lyonnais du quartier des Terreaux était amoureux d'une belle et avait pris l'habitude d'envelopper les bonbons fraîchement fabriqués avec des papiers sur lesquels il écrivait des messages enflammés. Surpris par le patron, il fut viré, mais ce dernier retint l'idée et vendit ses bonbons sous le nom de "Papillote" en incluant au verso de l'emballage, une histoire drôle, une devinette, une citation. Bref les Papillotes de Lyon étaient nées. Authentique l'anecdote ? On ne saura sans doute jamais ! Mais de toute façon c'est plus rigolo que de dire que Papillote c'est parce que ça ressemble à papillon.
1781 est une année historique, en effet si on ne sait pas exactement en quelle année la pomme de terre frite vit le jour, la première référence culinaire s'y rapportant eu lieu cette année-là ! Les circonstances de son apparition sont par contre connues. A Namur (Belgique) une tradition réunissait la population près de la Meuse, dans laquelle on péchait des petits poissons, pour les faire ensuite frire dans l'huile bouillante. Une année la Meuse gela, empêchant de préparer la friture. Quelqu'un eu l'idée alors de découper des petits bout de pommes de terre dans la longueur, évoquant de loin la forme d'un petit poisson, la frite était née !
Auparavant la pomme de terre venue d'outre atlantique (avec pas mal d'autres fruits et légumes) avait conquis l'Allemagne, la hollande, et tout le nord de l'Europe, mais pas la France.
Et la moutarde qui accompagne selon notre goût, nos frites, est-elle née à Dijon ? Il y a 3000 ans les Chinois cultivaient déjà plusieurs espèces de cette plante crucifère à fleurs jaunes, très courante en Asie et en Europe. Ils ont été les premiers à en broyer les graines et à les mélanger à un suc acide extrait du raisin, le verjus, pour fabriquer un condiment : la moutarde. C'est au 14e siècle, lors des fastueuses fêtes du Rouvre offertes par les ducs de Bourgogne que la ville de Dijon fut associée à ce condiment synonyme alors de richesse et de raffinement, la réputation de la moutarde de Dijon date de cette époque et sa fabrication en est strictement réglementée depuis 1390 ! En 1534, Rabelais fait avaler des "pelletées" de moutarde à Gargantua, c’est vous dire la célébrité de ce condiment !! Connaissez vous l’expression « trempé comme une soupe » ? Une soupe ne peut pas être trempée puisqu'elle est naturellement liquide ! En fait le mot soupe comme de nombreux mot de la langue française à connu un élargissement sémantique. La soupe à l'origine n'était que la tranche de pain que l'on trempait...dans quoi ? Dans le potage ! Lequel potage n'avait pas la même signification d'aujourd'hui et désignait tout ce qui cuisait dans le "pot" (mot que l'on retrouve dans poule au pot, manger à la fortune du pot…)
La paternité officielle de la sauce béchamel revient à Louis de Bechameil (avec un i ! et à ne pas confondre avec la Becha-Mail), Marquis de Nointel qui déclara en inventer la recette en 1700 ! Les mauvaises langues diront bien sûr que le véritable inventeur était son cuisinier, mais apparemment personne n'a retrouvé son nom... (Metre les dates) Un jour où le roi Stanislas 1er Leszczynski donnait une fête dans son château de Vaudémont, le maître d'hôtel vint l'avertir que le pâtissier venait de partir sans crier gare. Le majordome eut l'idée de demander à une soubrette de confectionner des gâteaux comme ceux que préparait sa grand-mère. Devant le succès de ces gâteaux dorés, le majordome leur donna le nom de la soubrette, Madeleine, et de sa cité natale, Commercy. Tout le monde connaît l'histoire des Bêtises de Cambrai d'AFCHAIN, non ? alors laissez moi vous la conter :C’est l'histoire d’un jeune apprenti-pâtissier qui se serait trompé dans le dosage du sucre et du parfum et qui aurait allégé la pâte par brassage. Il aurait été vilipendé d'un " Tu n'es bon qu'à faire des bêtises ! ", une " bêtise " qui fit finalement de succès et la fortune du confiseur ! On connaît cependant bien moins cette autre histoire pourtant beaucoup plus probable :Tous les 24 du mois se tenait à Cambrai un important marché. Les hommes s'y rendaient régulièrement. Après leurs achats de bêtes, certains s'attardaient en ville pour commettre des " bêtises " On parlait uniquement de dépenses inutiles. Parmi ces dépenses, les bonbons de sucre cuit que l'on fabriquait sous le regard des passants et que l'on coupait avec des ciseaux à la demande. Le confiseur Afchain eut l'idée de confectionner pour cette clientèle du 24 des bonbons plus raffinés, en les parfumant à la menthe Mitcham. Il battit le sucre pour qu'il soit plus aéré et pour rendre le bonbon plus tape à l'œil et plus doux, il introduisit, sous l'aspect d'une rayure, du sucre caramélisé. Les bêtises étaient nées!
Pour Conclure provisoirement cette liste non exhaustive d’anecdotes culinaires allons si vous le voulez bien, sur l’origine très lointaines de nos innombrables épices, qui excitent tant nos papilles.
Les épices connues dès l'Antiquité, en Grèce et surtout à Rome. Les Anciens lançaient des expéditions lointaines par mer jusqu'en Orient et par terre jusqu'en Asie: routes des épices et de la soir. Au Moyen Age, les épices arrivaient par caravanes chez les marchands de Venise. Ces marchandises précieuses étaient revendues à prix d'or, créant d'immenses fortunes et servant de monnaie d'échange. Manger relevé permettait de cacher le mauvais goût des aliments avariés, de les conserver, de faciliter la digestion et de se soigner. Les grands explorateurs se lancèrent à la conquête des épices: Vasco de Gama en 1497, Christophe Colomb entre 1492 et 1504, qui rapporta d'Amérique centrale et des Antilles (nommées à tort "Indes occidentales"), piment, vanille, chocolat, tabac...
Au 18e siècle, les Hollandais faisaient fortune avec le commerce des épices; le français Pierre Poivre cultivait sur l'île Maurice et l'île de La Réunion giroflier, muscadier et cannelier: les trois principales épices avec le poivre.
Bon je vous ai assez fait saliver, il est tard, et je sais pas chez vous, mais ici commence à monter une délicieuse odeur de Croques Monsieurs hummm…Mais au fait pourquoi ce plat se nomme t’il ainsi ? aller faites vous plaisir, je vous laisse ici répondre 
Par VENEZIA, Mardi 13 Mars 2007 à 11:39 GMT+2 dans La hotte du colporteur (article, RSS)
! Instructif et enlevé, voici de quoi manger moins "bête". Merci à toi... et retourne vite à tes founeaux pour nous mitonner un billet de la même pâte.



