Il y a une couille dans le pâté !!!
Comme je l’avais déjà écris ici, notre langue française fourmille d’expressions plus saugrenues les unes que les autres. Et aujourd’hui, je me suis penché à nouveau sur ma hotte et si vous le voulez bien voici ce que je nous ai déniché tantôt...
Sauter du coq à l'âne
La forme "saillir du coq en l'asne" datant du XIVème siècle serait la forme d’origine de cette expression. Claude Duneton, avait dans sa 1ère édition de la Puce à l'oreille en 1978 échafaudé une hypothèse personnelle fondée sur les témoignages et recherches de ses lecteurs : l'expression viendrait en fait de la "maladresse" du coq qui, parfois, tenterait de s'accoupler avec une cane. En effet, le terme "ane" (sans accent circonflexe) désignait une cane jusqu'au XIIIème siècle. Le verbe "saillir" signifie toujours de nos jours "couvrir une femelle", dans le sens de "se reproduire". Et il n'est pas rare pour les éleveurs de voir que le coq, pauvre de lui, confond ses "épouses naturelles" avec d'autres volatiles telles la cane. Le proverbe allemand "Irren ist menschlich, sagt der Hahn, , und stieg von der Ente" ("L'erreur est humaine, dit le coq, et il descendit de la cane"), semble corroborer cette hypothèse.
Cette expression a deux significations complètement différentes : être très pressé, filer très vite et avoir des besoins sexuels intenses. La première signification est attestée dès la fin du XVIIe siècle. L'image est claire car on comprend bien que quelqu'un dont le derrière est en flammes se mette à courir très vite, par réflexe, dans l'espoir idiot de mettre de la distance entre le feu et lui, même si ce n'est forcément la meilleure réaction possible. La seconde signification est apparue dès le milieu du XVIe siècle. Elle est basée sur l'idée d'être (très) en chaleur, mais avec une localisation de cette 'chaleur' un peu imprécise J’avoue que personnellement, m'imaginer un homme ou une femme qui voit son postérieur s'enflammer lorsqu'il ou elle est trop excitée sexuellement, ça m'amuse... Faudrait prévoir la bassine d'eau fraîche pas loin pour les soirées intimes...
Marcher à voile et à vapeur
Chacun peut se rendre compte que deux formes d'énergie sont ici évoquées, celles du vent (de l'air), et celle de l'eau. Maintenant, pour quelle raison les avoir associées à des pratiques sexuelles ? Cela reste un mystère...Il apparaît évident que le milieu maritime évoqué est un milieu majoritairement masculin. Tout comme les chemins de fer, si on veut croire que la vapeur peut être liée aux locomotives... On peut essayer d'assimiler le vent au " foc ", voile située à l'avant du navire, dans laquelle s'engouffre le vent arrière, et cette partie de l'expression pourrait représenter l'homosexualité, comme dans l'expression "être pédé comme un phoque", dans laquelle on croit que le terme de phoque a été assimilé à celui de foc, justement en rapport avec le vent arrière... par un jeu d'images et d'imagination assez simpliste...Mais on peut tout aussi imaginer que la vapeur peut être liée aux " vapeurs " féminines dont les hommes se moquaient gentiment il y a quelques années, et ainsi penser que la vapeur se réfère à l'aspect féminin de l'homme... On peut aussi s'attacher à la symbolique de l'air (souffle de vie... le père) et de l'eau (naissance... la mère) pour exprimer une dualité sexuelle...
Prendre son pied
A l'origine l'expression, était plutôt dédiée au plaisir féminin. Dans cette expression, " pied " n'évoque au prime abord pas nos pieds, mais l'ancienne unité de mesure (un pied équivalent à une longueur d'environ 33 cm). Donc prendre son pied, lors des ébats sexuels, signifiait " avoir sa part de plaisir "... Sous-entendu, ce que certains oublient peut-être, qu'un échange se doit d'avoir lieu et que chacun des partenaires a droit à sa " ration " de jouissance... L'expression qui a donné naissance à " prendre son pied " était en fait " prendre son fade ", le terme de " fade ", équivalent au terme " pied " en argot ancien, signifiant " la part de butin ",
Poétisons un peu la chose et imaginons donc que deux personnes qui font l'amour " oeuvrent " dans le but de recevoir un trésor, qui n'est autre que la jouissance physique... Chacun d'entre eux " mérite ", en regard des efforts accomplis pour parvenir à l'objectif final, de recevoir " sa part du butin ", à savoir... prendre son pied...Ah, mais j'allais oublier de vous expliquer pour quelle raison l'expression était à l'origine plus féminine que masculine : il était à l'époque " monnaie courante " de représenter la femme au moment de la jouissance sexuelle en train de saisir son pied... Spasme physique ou moeurs sexuelles de l'époque... Mystère... Toujours est-il que le vocabulaire argotique allié à la représentation physique en ont fait une expression très usitée de nos jours... Encore faut-il trouver chaussure à son pied...
Par VENEZIA, Jeudi 22 Mars 2007 à 11:04 GMT+2 dans La hotte du colporteur (article, RSS)






