venezia

Le lit éternel

 

FRIEDRICH, Caspar David

Caspar David FRIEDRICH (1774-1840)

Cimetière sous la neige, 1826

Leipzig, Museum  der bildenden Künste,

fondation Maximiliam Speck von Sternberg 

Le dernier gîte

Je te reviens, ô paroisse natale.
Patrie intime où mon coeur est resté ;
Avant d'entrer dans la nuit glaciale,
Je viens frapper à ton seuil enchanté.

Pays d'amour, en vain j'ai fait la route
Pour saluer encore ton ciel bleu,
Mon oeil se mouille et ma chair tremble toute,
Je viens te dire un éternel adieu.

Oh ! couchez-moi dans la tombe bénite,
Dans un recoin discret du vieil enclos.
Ici, je viens chercher mon dernier gîte,
Je viens ici chercher calme et repos.

Ô terre sainte ! ouvre-moi ton asile,
Près des miens, jusqu'au jour du grand réveil,
Je dormirai comme en un lit tranquille,
Mon dernier rêve et mon dernier sommeil.

 

François COPPÉE (1842-1908)
(Recueil : Intimités)

 A l'écoute :

FRANZ SCHUBERT

Nachtgesang im Walde

Chants nocturnes

Vos commentaires

1 Le Mercredi 4 Juillet 2007 à 22:06 GMT+2, par jardinbaroque

Je ne vois rien à ajouter.
Je fais silence pour mieux entendre le son mat des pelletées de terre sur le bois du cercueil.

2 Le Mardi 17 Juillet 2007 à 17:34 GMT+2, par Henri-Pierre

Schubert, insondable appel de l'au delà, indéfinissable, grave et sans désespoir pourtant.
Coppée et l'élan romantique vers la dissolution dans le grand Tout.
Friedrich enfin et son constat implacable de l'inéluctabilité.
Un moment fort.

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