Le manège enchanté
Pour commencer cette période de vacances, que je
vais mettre à profit, pour restructurer la forme de cet espace, je vous propose
un billet léger, un petit voyage autours des expressions françaises. Le thème
que j'ai choisi, est celui des animaux, et croyez moi notre langue n'en est pas
dépourvue ! L'autruche est le plus grand oiseau du monde (même s'il ne
sait pas voler). En cas de danger, l'autruche baisserait la tête jusqu'au ras
du sol afin d'éviter de se faire remarquer. Penser qu'une autruche enfouit sa
tête dans le sable n'est qu'une légende. Ce comportement n'existe pas. Cette
rumeur a probablement été lancée par l'auteur romain Pline l'Ancien qui écrivit
il y a près de 2000 ans : "Les autruches sont les animaux les
plus stupides du monde. Elles croient se rendre invisibles en plongeant la tête
dans le sable.""adopter la politique de
l'autruche" fait donc référence à cette légende est signifie: se
cacher, faire semblant de ne rien voir pour ne pas être en danger.
Pour comprendre pourquoi l'expression "être
le dindon de la farce" désigne quelqu'un qui fait les frais d'une
mauvaise plaisanterie ou d'une mésaventure, il faut se référer non seulement au
gallinacé, reconnu depuis toujours pour sa grande bêtise, mais aussi aux
comédies bouffonnes. C'est en effet dès 1793 que sont apparus les termes de pères
dindons. On désignait ainsi, dans ces pièces, le père naïf, dupé par ses
enfants et, par conséquent, se trouvant être toujours "le dindon de la
farce". Cette définition de la locution se retrouve, dès 1842, dans
le "Dictionnaire étymologique, historique et anecdotique des
proverbes" de Pierre-Marie Quitard en ces termes: « Les
pères de comédie qui jouent des rôles de dupes étaient appelés autrefois "pères
dindons", par allusion à ces oiseaux de basse-cour, dont on a fait le
symbole de la sottise. De là cette expression "être le dindon
de la farce" ou "être le dindon d'une chose"
Jusqu'au XVIIe siècle le terme mouche
englobe de nombreux insectes volants ou non tels que "la mouche à
miel" (l'abeille), "la mouche aux boeufs ou aux chevaux"
(taons), "la mouche cornue" (le scarabée) ou encore "la mouche à
chien" (la tique). De cette diversité sont nées de nombreuses locutions
encore employées de nos jours. Dans l'expression "prendre la
mouche" on fait sans aucun doute référence à la "mouche à
boeuf" qui pique pour se nourrir du sang ou du liquide dermique des
animaux et des humains. La réaction vive, imprévisible et souvent exagérée des
victimes et la rapidité de l'insecte pour échapper à la punition sont à
l'origine de cette locution et lui donne le sens d'une colère soudaine et
démesurée vis à vis du problème posé. Notons qu'une autre locution apparaît
aussi vers le XVIIe siècle et pourrait souligner de manière amusante les
réactions d'un public face à la colère inattendue d'une personne: la surprise:
"Mais quelle mouche l'a piqué?", la constatation: "Oooh, il
prend la mouche!" Au XVe siècle les caractéristiques de l'animal sont
utilisées dans des expressions tels que "fine mouche" pour
désigner quelqu'un d'astucieux, de rapide intellectuellement ou une "mouche"
pour désigner un espion soit quelqu'un de vif, d'habile et de rapide. Notons
que cette dernière idée donna le nom dès 1814 à un petit navire de guerre
rapide et facilement maniable: le "bateau-mouche".
Lapin: Galant quittant
les filles sans payer le prix convenu. On dit d'abord "poseur de
lapin", par allusion au lapin posé sur les tourniquets des jeux de foire,
qui paraît facile à gagner et qu'on ne gagne jamais.
Lapin (coller un, poser un): « ne
pas payer une femme qui a vendu ses faveurs ». Actuellement la locution "poser un
lapin" désigne le fait de donner un rendez-vous illusoire à une
personne qui se retrouvera à faire bêtement (c'est le cas de le dire) "le
pied de grue". Claude Duneton suggère que la signification actuelle
-issue du monde étudiant des années 1890 selon G.Esnault- viendrait d'une autre
expression du XIXe siècle: "faire poser ou laisser poser
quelqu'un".
Tient donc je cite plus haut "le pied de
grue", encore une expression bien étrange ! Le mot grue
désigne, dès le XIIe siècle, l'oiseau échassier que nous connaissons encore de
nos jours et qui a la particularité de se reposer sur une seule patte. En
référence à cette attitude, pour le moins étrange et incommode, l'expression "
faire de la grue" (vers 1544), puis "faire la jambe de
grue" (XVIIe siècle) et enfin "faire le pied de grue"
(1608) est apparue pour désigner quelqu'un qui attend longtemps debout; Notons que très tôt (1415) et par métaphore le
mot grue désignera une prostituée (à cause des stations prolongées
debout sur les trottoirs en attendant un client potentiel). Au cours de ce même
siècle, le mot grue s'affuble aussi de la bêtise (par allusion à la
position d'attente inconfortable et "stupide" de l'échassier
migrateur), ainsi "être grue" signifie "être
idiot". "Faire le pied de grue" désigne donc le fait
d'attendre, debout, avec un air plus ou moins sot.
Je profite de ce petit billet pour remercier ici
tous ceux qui par leurs témoignages, auront fait de cette espace un lieu de
libre expression, vous m'avez permis de faire évoluer ce blog, Grâce à l'interet que vous avez su apporter à ce que j'ai écris ici, vous m'avez permis de croire en ce que je faisais, et j'ose croire que ce que tous ceci n'est pas dénué d'intérets Je vous souhaite
à tous d'excellentes vacances. J'espère vous retrouver ici prochainement, avec sûrement
de nouvelles surprises, et pour terminer en clin d'œil ce billet, je n'ai pu
résister à vous offrir ceci :-) bises à tous.
Par VENEZIA, Samedi 7 Juillet 2007 à 09:47 GMT+2 dans La hotte du colporteur (article, RSS)





