venezia

Restent les épines

 

MON AMIE LA ROSE
(Paroles : Cécile Caulier / Musique : Cécile Caulier, Jacques Lacombe   1964)
Françoise Hardy (France)

 

On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Me l'a dit ce matin
A l'aurore je suis née
Baptisée de rosée
Je me suis épanouie
Heureuse et amoureuse
Aux rayons du soleil
Me suis fermée la nuit
Me suis réveillée vieille

Pourtant j'étais très belle
Oui j'étais la plus belle
Des fleurs de ton jardin

On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Me l'a dit ce matin
Vois le dieu qui m'a faite
Me fait courber la tête
Et je sens que je tombe
Et je sens que je tombe
Mon cœur est presque nu
J'ai le pied dans la tombe
Déjà je ne suis plus

Tu m'admirais hier
Et je serai poussière
Pour toujours demain.

On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Est morte ce matin
La lune cette nuit
A veillé mon amie
Moi en rêve j'ai vu
Eblouissante et nue
Son âme qui dansait
Bien au-delà des nues
Et qui me souriait

Crois celui qui peut croire
Moi, j'ai besoin d'espoir
Sinon je ne suis rien

Ou bien si peu de chose
C'est mon amie la rose
Qui l'a dit hier matin.

 

Pierre de RONSARD (1524-1585)
(Recueil : Les Odes)
 

Mignonne, allons voir si la rose

A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

 

Beaucoup seront surpris à la lecture de ce billet, de la sélection volontaire que j'ai fais pour déposer et illustrer ici l'interprétation musicale « Mon amie la rose » chanter en 1964 par Françoise Hardy sur un texte de Cécile Caulier, et le poème de Pierre de Ronsard  (1524-1585) « Mignonne allons voir si la rose » écris au XVIème siècle ! Mais l'association n'est pas aussi sotte que çà quand on se penche un peu plus sur ce que disent ces 2 textes avec près de 500 ans d'écart !  Loin de moi l'idée de faire ici une dissertation sur le sujet, prenons juste si vous le voulez bien le temps de les comparer de plus prés.
Quel est le message commun de ces 2 textes ? Est la question que je me suis posé. Que ce soit dans le poème de Ronsard, ou dans le texte de Cecile Caulier on nous décris bien l'éphémère vie d'une rose, éclose le matin « heureuse et épanouie »,  et qui « en peu d'espace »  « las las de ces beautés (...) O vraiment marâtre nature «  puisqu'une telle fleur ne dure, que du matin jusqu'au soir »
Comme le chante Françoise Hardy « on est bien peu de chose » et Ronsard invite sa « Mignonne » à cueillir sa jeunesse (...) .
Mais au-delà de la symbolique de la rose, ces deux textes  nous parlent de la vie qui passe de sa brièveté, en la comparant justement à celle d'une rose. Certes chez Ronsard la fin parait moins dramatique, et pourtant elle s'inscrit comme une évidence. Chez Caulier l'intensité dramatique est plus prononcé puisqu'elle nous rappel qu'aussitôt nous sommes nés  ou éclose (la rose), la fin s'annonce, et déjà nos pas nous entraînent inévitablement vers la vieillesse, puis la mort.

La moralité de ces deux textes ?  Cueillir la vie en jouir au maximum, sans se retourner, car le temps file et bien moins qu'hier et bien plus que demain, nous aurons vieillis sans nous en être rendu compte comme la rose aura fanée et la « Mignonne » aura sa beauté ternie.
Au-delà   du temps, ces 2 textes écrits avec prés de 500 ans d'écart nous rappellent bien la vitesse du temps et de la vie qui passent. Pierre de Ronsard nous m'était - il déjà en garde ?

 

Vos commentaires

1 Le Jeudi 23 Aout 2007 à 22:17 GMT+2, par jardinbaroque

Oui, la vie s'enfuit, jeunesse et beauté ne durent que ce que durent les roses. Ronsard et Françoise Hardy le chantent chacun à leur manière, mais c'est bien la même mélancolie devant le temps qui passe qui s'exprime. C'est ce qu'avaient bien compris également les peintres qui laissaient, dans un coin de tableau, quelques pétales épars pour signifier que les jours de l'homme étaient comptés. Vanité.

2 Le Jeudi 23 Aout 2007 à 22:26 GMT+2, par Alex le grand

"Lorsque l'on tient
Entre ses mains
Cette richesse
Avoir vingt ans
Des lendemains
Pleins de promesses
Quand l'amour sur nous se penche
Pour nous offrir ses nuits blanches
Lorsque l'on voit
Loin devant soi
Rire la vie
Brodée d'espoir
Riche de joies
Et de folies
Il faut boire jusqu'à l'ivresse
Sa jeunesse
... ... ... ... ... "
Aznavour aussi incite a profiter de la vie.
La vie est courte, ne la laissons pas filer

VIVE FAFA et vive la republique lol

3 Le Samedi 25 Aout 2007 à 09:25 GMT+2, par philippe

Bonjour Venezia, un petit bonjour pour saluer ton retour de vacances.

4 Le Dimanche 26 Aout 2007 à 22:43 GMT+2, par Camille

ce conseil nous est donné mille fois par autant de manières et de gens différents.
Ô! Qu'il est difficile à suivre!

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