Divina Firenze

Comment saisir l'esprit d'une ville musée tel que Florence, sans s'être au préalable penché un peu sur son histoire ? Les Médicis, Buonarroti, De Vinci, ,Dante, Brunelleschi, Caccini, Landini, Botticelli, Fra Angelico et tant d'autres qui ont marqués par leurs arts respectifs d'une façon ou d'une autre cette cité visitée par plus de 5 millions de touristes par an. Mais c'est facile de dire que nous sommes allé à tel ou tel endroit, si au final il ne nous en reste que des souvenirs agréables, et des photos cartes postales où certains auront posé pour attester de leur passage, mais après...C'est une question évidente qui s'est imposé à moi lors de mon dernier déplacement en terre Toscane. Aussi avant d'aller plus loin dans la découverte de Florence, il est nécessaire que je me plonge dans ce passé et que je remonte aux origines de cette cité, car tout a un début, alors si le voyage vous intéresse c'est par là..
D'origine
étrusque, Florence doit sa vrai naissance aux romains qui, en 59 av.
J.C ont installé le long de l'Arno un camp militaire (Florentia). On
peut retrouver encore aujourd'hui l'empreinte romaine sur la Piazza
della Repubblica à l'emplacement de la colonne, entre la rue de Rome-
rue Calimala (le cardo maximus) et la rue Strozzi- via del Corso (le
decumanus maximus).Florence fut assiégée en 405 par les Ostrogoths qui ne réussirent pas cependant à envahir la ville entourée d'imposants remparts ; elle dut subir les assauts des Byzantins (535) puis des Goths qui s'en emparèrent en 541.
A l'époque carolingienne (VIIIe s.), la ville fut intégrée au Saint Empire Romain et, durant la période communale, elle fut soumise au pouvoir de la comtesse Mathilde de Canossa (vers 1046) ; ce n'est qu'à sa mort en 1115, qu'elle réussit à devenir une Commune indépendante et fut gouvernée par les représentants des grandes familles nobles ou marchandes et les puissants dignitaires de l'église.
La ville fut souvent l'objet de luttes pour le partage du pouvoir entre deux factions : les Guelfes (fidèles au Pape) et les Gibelins (favorables à l'Empereur).
Ces luttes aboutirent souvent à des batailles remportées tantôt par l'un ou l'autre camp. L'une des victoires les plus célèbres est celle que les Gibelins ont gagnée à Montaperti en 1260. En 1289, à Campaldino, les Guelfes, ont battu les forces armées d'Arezzo et ont fait ainsi de Florence la ville la plus puissante de la région. Malgré ces luttes internes, Florence commença à devenir de plus en plus importante grâce au commerce de la laine et de la soie : elle devint célèbre dans toute l'Europe. En 1252, elle frappa sa propre monnaie en or : le florin, sur la face était représentée la fleur d'iris, symbole de la ville, sur le revers, Saint Jean Baptiste, patron et protecteur de la ville.
Avec le progrès économique, le
gouvernement de Florence (1282) passa aux mains des sept Arti Maggiori : il s'agissait de corporations d'artisans
réunissant des banquiers, de riches marchands et les financiers des grands
souverains européens. En 1293, les nouveaux riches anoblis ayant fait fortune
grâce au commerce obtinrent les Ordonnances
de justice qui conduisirent à exclure du pouvoir les grandes familles de la
vieille aristocratie. Cependant avec la guerre de Cent
Ans et la crise des banques florentines qui avaient financé l'insolvable roi
d'Angleterre, Edouard III, et après la violente épidémie de peste de 1348, le
petit peuple commença à s'agiter et à se révolter contre la bourgeoisie (popolo
grasso) des Arti Maggiori : l'un
des soulèvements les plus célèbres est celui des ‘Ciompi' (1378). Les artisans
travaillant la laine ont réussi à créer d'autres corporations (Arti) et à
participer au gouvernement. Cependant, les nouvelles corporations furent assez
rapidement abolies et le pouvoir fut aux mains de quelques grandes familles
célèbres ; La ville se divisa en 2 factions : celle de la vieille
oligarchie regroupée autour de la famille des Albizzi et celle du petit peuple
qui soutenait la famille des Médicis : originaire du Mugello, celle-ci réunissait
des banquiers enrichis grâce au commerce. Avec la conquête de Pise et de
Livourne, la République
de Florence disposa de débouchés maritimes et c'est avec Cosme l'Ancien de
Médicis (1389-1464) qu'elle devint de fait une Seigneurie et qu'elle commença à
connaître un extraordinaire développement politique et culturel. Cosme gouverna
en effet de sont palais situé Via Larga (Palais Médicis Riccardi) et le Palazzo
Vecchio (ou le Palais de la
Seigneurie), siège de la magistrature, perdit
irrémédiablement de sont importance.
Le grand-duché de Toscane est
alors confié au duc de Lorraine, François (1708-1765), époux de Marie-Thérèse,
impératrice d'Autriche. Avec ce prince commence une période de liens étroits
avec la branche Lorraine de la
Maison des Habsbourg. La ville fut gouverné par un conseil de
régence jusqu'en 1765, date de l'arrivée au pouvoir de Pierre Léopold, le
second fils de Marie-Thérèse. Ce dernier fut à l'origine de réformes
administratives et fiscales et le grand-duché connut aussi d'importantes
transformations agricoles. La révolution française fit que le grand-duché passa
sous la domination française avec le gouvernement d'Elisa Baciocchi, sœur de
Napoléon. Avec Ferdinand III, la
Maison de Lorraine revint au pouvoir et y resta jusqu'en
1860, date de l'annexion du grand-duché au Royaume d(Italie de Victor Emmanuel
II. Devenue pendant quelques années capitale de l'Italie (1865-1870), florence
connut d'importants travaux d'urbanisme qui conduisirent à la construction de
nouveaux palais et de nouvelles rues et à la démolition des remparts et de
vieux quartiers ; parallèlement, le développement économique s'est
effectué aux dépends des petits paysans et au profit des grandes industries.
Durant la dernière guerre
Florence fut souvent le théâtre d'accrochages entre les forces delà Résistance
et les troupes allemandes ; et subi également de lourds bombardement qui
ont détruit les vieux quartiers mais qui ont épargné le ponte Vecchio, symbole
de la ville aujourd'hui, et qui a sut
résisté aussi à la terrible inondation de 1966.
Voilà il est difficile de résumer des siècles d'histoire en quelques lignes,je suis conscient d'avoir réaliser une maigre esquisse, j'ai essayé pour le moment de regrouper les évènements et personnages clés ayant marqué à jamais Florence . Aussi maintenant il me faudra dans mes prochains billets m'arrêter plus longtemps sur tout ceci et enrichir plus en profondeur mes modestes connaissances, et j'aurai à cœur de nommer aussi ceux que j'ai omis ici, mais ils sont si nombreux.
Avant de clore ce premier
chapitre, je voudrai apporter quelques précisions : les choix que j'ai fais ici
concernant les extraits sonores et illustrations ne sont peut être pas les plus
judicieux, mais pour la musique c'est d'une façon générale des artistes qui ont
marqué leur époque à Florence ou ailleurs en Italie, et quant aux illustrations
elles couvrent « globalement » les périodes les plus riches
culturellement pour l'Italie, la renaissance italienne essentiellement. J'irai
par la suite au-delà de ces périodes bien évidemment, mais celles-ci me
semblent troubles comme si à un moment donné de son histoire l'Italie soit
devenue plus blafarde culturellement...
J'essaierai aussi dans la mesure
du possible d'illustrer mes billets avec mes propres photos, mais hélas dans
une majorité de musées italiens l'appareil photo est « persona non grata »
Nulles prétentions de ma part, à affirmer avoir saisi l'esprit de tous ces protagonistes qui ont fait l'histoire et la renommée de Florence et de l'Italie, mais essayez de comprendre me semble un bon début, et puis un peu de travail de recherche et de réflexion n'a jamais nui à personne, N'es ce pas ?
Extraits sonores :
1er extrait : Francesco Landini (1325-1397)
Fior di dolceca
ENSEMBLE MICROLOGUS , Zig Zag territoires
2ème extrait : Don Paolo da Firenze (1390-1425)
Madrigaux
Narcisso speculando
MALA PUNICA
PEDRO MEMELSDORFF
Par VENEZIA, Samedi 17 Novembre 2007 à 12:17 GMT+2 dans Tous les chemins (article, RSS)




