venezia

Démesurèment absolu

 

 


 

14 mai 1643 : Louis Dieudonné, cinq ans, est proclamé roi de France.
Louis le Quatorzième. Ce roi-enfant a un caractère inflexible. Confronté à la fronde des princes, il se forge des principes qu'il n'abandonnera jamais. Le roi doit être fort. Incarner le pouvoir. Savoir écouter. Mais, surtout, il doit être capable de commander. Max Gallo nous fait pénétrer dans l'intimité de ce monarque au grand courage physique et intellectuel. Ce séducteur auquel aucune femme ne résiste et qui restera fidèle à chacune.
Cet homme, enfin, sensible aux beaux-arts et passionné de danse. Le monde de Louis XIV se dévoile - les arcanes de la cour et leur jeu mondain, la solitude de celui qui gouverne malgré la foule qui l'entoure en permanence, les blessures d'un homme qui voit la mort faucher ceux qu'il aime. C'est un Louis XIV proche et terriblement humain que Max Gallo nous donne à découvrir. Dans ce premier tome qui court jusqu'à l'apogée du règne de Louis XIV, Max Gallo peint d'une plume magistrale ce roi plein de vigueur dont la volonté s'impose à tous.
Hiver 1683. Louis XIV a quarante-cinq ans. Il est au sommet de sa puissance, et le soleil de la vie décline. Et les courtisans grelottent dans le château de Versailles aux deux mille pièces qu'on ne réussit pas à chauffer. Mais qui oserait quitter la Cour, ne plus vivre dans la proximité du grand roi, même si inexorablement l'ombre envahit le château ?
La prière et les messes ont remplacé les spectacles et les ballets. Mme de Maintenon, dévote et que le roi veuf a épousée secrètement, veille.La guerre, la chasse aux protestants, la maladie, la mort des proches, rendent la vie de Cour toujours austère, parfois sinistre.
C'est l'hiver du grand roi. Et dans ce long crépuscule Louis XIV révèle un courage physique et moral qui fascine.
Le roi ne se laisse ni affaiblir ni terrasser. Jusqu'aux dernières heures de sa vie, il lutte. Il gouverne. Le souverain jouisseur et séducteur des débuts du règne est devenu ce roi pieux qui songe à son Salut sans jamais renoncer à être le Grand Roi.
 
 
Plan de l'Abbaye de port Royal

Si vous croyez encore que Louis XIV était un bon roi, que son règne fut celui de la douceur et du bonheur de vivre : oubliez tout çà, et lisez ces deux ouvrages, vous aurez à la fin de votre lecture une vision plus réaliste que celle que nous avons sûrement lu dans nos livres d'histoires.

Avant de lire ces  2 opus, j'avais je vous l'avoue une idée bien différente de ce roi. Oh pas une vision fleur bleue à la sauce 19 ème avec Leonardo di Caprio dans le Rôle du beau roi. Mais quand même j'étais loin de réaliser le caractère autoritaire et absolu de ce personnage appelé Louis le Grand et je ne mesurai pas le prix qu'il fit payer au peuple de France et à ses voisins, pour asseoir son absolutisme, n'hésitant pas à s'opposer à la papauté,  à révoquer l'Edit de Nantes qui  accordait la liberté du culte aux protestants, à revendiquer le Palatinat,  à chasser les jansénistes de l'Abbaye de Port Royal et à faire raser celle-ci, et à concurrencer commercialement l'Angleterre et la Hollande sans craindre de déclencher une guerre avec ces deux puissances. Force m'est de constater que pour asseoir sa grandeur il n'aura eu de cesse d'écraser son prochain, d'imposer sa vision du monde et de ses idées. Diviser pour mieux régner fut sa devise au quotidien, et Versailles est devenu à mes yeux le symbole de sa vanité. J'ai dévorer en peu de temps ce que nous narre Max Gallo, et en même temps qu'il nous conte l'histoire de Louis XIV, c'est tout une époque qu'il nous dépeint avec un certain réalisme, à vous faire limite froid dans le dos. L'écrivain ne fait en aucun moment dans la dentelle, vous découvrirez comment on soignait voire on charcutait à l'époque,  vous découvrirez également comment vivait Louis au quotidien, les  intrigues de cours, la main mise qu'il avait sur tout, sur les hommes voir sur leurs pensées, l'acharnement qu'il aura mit pour imposer sa religion unique, bref au fur et à mesure que vous avancerez dans votre lecture, le siècle de Louis XIV vous apparâitra sûrement sous un autre jour. Le côté « proche et terriblement humain » que nous renseigne l l’éditeur dans son résumé me laisse perplexe, mais je vous laisse le soin de vous forger votre propre opinion.

«  Louis le Grand,  Roi Soleil » me direz vous ? je vous répondrai un soleil bien voilé...

 

Illustration musicale : Marc Antoine Charpentier

Messe pour le Port-Royal

Michel Chapuis, les demoiselles de Saint-Cyr

Emmanuel Mandrin

Extrait proposé : "O Salutaris"

 

Vos commentaires

1 Le Mardi 15 Janvier 2008 à 19:47 GMT+2, par jardinbaroque

Très beau et bon billet, qui reflète à quel point tu as compris ce que tu as lu. Je ne sais si j'aurai le temps de parcourir les ouvrages de Max Gallo, mais je suis ravi qu'il rende aussi bien la double face de Louis XIV. Son absolutisme, sa volonté de briller à tout prix et d'imposer au monde une culture dont il n'est pas certain qu'il maîtrisait toute l'étendue et qui est largement faite d'emprunts italiens, son aveuglement devant la misère du peuple, s'ils n'enlèvent rien à son envergure de monarque, ne nous présentent pas l'image reluisante qu'il aimait à faire paraître. Le soleil aussi, comme on le pensait de la Lune dès l'Antiquité, recèle, dans sa face cachée, bien des monstres terribles.

2 Le Mercredi 16 Janvier 2008 à 22:30 GMT+2, par philippe

Louis XIV a désiré Versailles. Et Versailles est une respiration merveilleuse. Pour ma part j'en suis fou.

Il y circule de l'Air, un air élévé, cet air même que je respire en écoutant la musique de Marc Antoine Charpentier.

"N'oubliez pas d'y mettre un peu d'enfance" a-t-il recommandé à ses architectes et jardiniers au moment de la construction du palais. Si peu d'enfance dans nos constructions d'aujourd'hui.

Même si je respecte tes choix de lecture, Max Gallo, de l'agagadémie française, n'est peut-être pas le meilleur scripteur pour parler d'un Roi plein de défauts, souvent abominables, mais bon, un Roi ! Et pas n'importe lequel !

Aussi je me demande parfois si le ton pris par Max, petit journaliste employé des médias, orateur si fécond en lieux communs, pour parler du

Roi Louis XIV, le Roi qui a fait la France...

n'est pas "un chouia" ridicule. Un truc du genre "absence totale de conscience de soi" (impression personnelle).

(je me sens pour ma part, "humble citoyen d'une métropole crue moderne", bien prétentieux pour avoir des opinions sur ce qui me dépasse de si haut et à aligner trois lignes sur le sujet je me fais l'effet d'une fourmi qui aurait des opinions sur le Lion ;-))

Tout en te remerciant, cher Venezia, pour ce beau billet sur un sujet qui m'est cher, je me permets d'attirer l'attention sur le livre de Paul Morand "Fouquet ou le soleil offusqué" le meilleur que je connaisse sur cette période.

3 Le Jeudi 17 Janvier 2008 à 12:51 GMT+2, par vking

oui venezia le soleil réchauffe mais il peut bruler!!! Il parait trés brillant, luisant de milles feux de loin, mais quand on y regarde de plus près il y a de tâches noires...

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