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La mort d'Adonis

Laurent de la Hyre (1606-1656)
La mort d’Adonis


Laurent de la Hyre (1606-1656)
La mort d’Adonis Huile sur toile
Paris, Musée du Louvre

L'Anémone
Adonis, dieu de la végétation et de la nature, fut partagé entre Perséphone et Aphrodite. Alors qu'il était avec Aphrodite, il perdit la vie comme il l'avait reçue: sous la charge d'un sanglier qui l'attaqua alors qu'il chassait dans la forêt. L'affliction d'Aphrodite fut très grande : elle fit naître l'anémone rouge du sang qu'il avait perdu à sa mort. Selon une variante du mythe, elle convainquit Perséphone de le rendre au jour pour quatre mois, chaque année, au début du printemps.
Je trouve pour ma part que ce tableau est profondément empreint d’érotisme, De la Hyre peint une beauté pure et parfaite des formes sensuelles du corps d’Adonis. il transforme la mort d’Adonis, en un tableau vivant, ou on a le sentiment, qu’Adonis est là qu’on va le toucher et qu’il se relever, un enchantement pour mes sens ! la mort en est presque belle !


A l’époque de Louis Xlll, Laurent de la Hyre est le seul peintre important dans l’art, qui, avant Le Sueur, ne soit pas allé étudié en Italie, ou déjà venu formé dans le Nord. SA vie a été une suite de succès, au point qu’il a pu rivaliser avec Simon Vouet lui-même. Mais après sa mort les réticences commencèrent et ne cessèrent pas, jusqu’au jour en 1950, où un musé New-yorkais fit l’acquisition de l’Allégorie de la Musique pour voir les jugements, lentement se retourner. Bien qu’il mourut à l’age de 50 ans, on peu dire qu’il nous a laissé l’image d’un grand artiste. Il était en quelque sorte pour la peinture, ce qu’était Mozart pour la musique : né peintre .Très tôt initié à l’art du dessin et de la gravure, il s’exerce aussi à la peinture. Quelques tableaux retrouvés, montrent qu’il est d’abord attiré par « l’école de Fontainebleau ». Puis sans qu’il est quitté Paris, son intérêt se porte sur la « manière brune ». A partir de 1630, peut-être influencé par Jacques Blanchard qui s’installe à Paris, Laurent de la Hyre va participer à ce qu’on a nommé le « romantisme du temps de Louis XIII », par un art réaliste, mais très clair et coloré. Dans les années qui suivent (1639-1645) cet art va peu à peu se décanter, devenir à la fois plus ambitieux et plus raffiné. A la peinture et à la gravure, La Hyre joint les cartons de tapisserie : citons entre autres la petite suite dite « des amours des dieux ». En dépit d’une maladie grave qu’il parvient à surmonter vers 1645, mais qui reprendra le dessus dés la fin 1655, il continue héroïquement à peindre. Il atteint même le sommet de son art avec sa suite d’allégories des arts libéraux, et son allégorie à la gloire de la Régence, en 1648. Bien qu’affligé d’une obésité croissante, il parvient également à peindre de grandes toiles tels que la descente de croix en 1655 d’une hauteur de 4m80 !

l faut ici relever un trait peu commun. La réhabilitation de Laurent de La Hyre à partir de 1950 ne fut pas seulement un fait d’érudition. La grande exposition de Grenoble souhaitée et organisée en 1989 par Serge Lemoine (et présentée aussi à Bordeaux et à Rennes) montra que le goût du public avait profondément évolué. Ce que prouva le nombre de chefs-d’œuvre acquis en peu d’années par les musées français : les Deux chiens dans un paysage de 1632 par Arras (1964), les deux grands cuivres d’Abraham ,le Paysage au joueur de flûte par Lille (1973), le Thésée retrouvant les armes de son père de 1634 et l’Apparition de la Vierge dans le ciel de 1630 par Caen (1976 et 1992), le Sacrifice d’Abraham de 1650 par Reims (1979), la Madeleine méditant sur le Christ mort par Saint-Denis (1982), la Mort d’Adonis acquise à Stockholm par le Louvre sous une attribution à De Subleo (1994) et tout dernièrement (2004) les Habitants de Sodome, autre enrichissement capital du Louvre.

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