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Pas sans nos mères

Parfois, l'amour et la conviction maternels en un grand destin filial, valent mieux pour l'enfant que toutes les stratégies : sa mère lui sert en quelque sorte son avenir sur un plateau !

Le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion est en 1192 de retour de croisade. Il doit traverser les terres du duc Léopold d'Autriche. Or celui-ci, pour se venger d'un affront au siège de Saint-Jean d'Acre, le fait prisonnier. Il l'enferme d'abord dans ses prisons puis dans les geôles de l'empereur germanique Henri IV. Belle affaire pour le roi de France Philippe Auguste, qui s'empare de la Normandie, alors propriété anglaise, et qui conseille à l'empereur de " conserver indéfiniment " son prisonnier dans ses fers. Henri IV fixe le montant de la rançon du roi Richard à un niveau trop élevé pour qu'il soit possible de la payer. Une personne va pourtant y parvenir : Aliénor d'Aquitaine, la mère de Richard Cœur de Lion. Elle met plus d'un an à rassembler la somme, mais y réussit et l'apporte elle-même à Mayence : 100 000 marcs d'argent contre la libération de son fils le 2 février 1194.

Louis XI n'a que douze ans lorsqu'il devient roi, avec sa mère Blanche de Castille pour régente dans l'attente de sa majorité. Comme les grands féodaux semblent vouloir se rapprocher des Anglais, Blanche de Castille sait user de son charme pour gagner les plus puissants à la cause de son fils. Elle entreprend en son nom deux campagnes punitives en Bretagne et en Champagne : leur succès sait asseoir définitivement l'autorité de son fils sur le royaume.

 

Ce n'est que reculer pour mieux sauter car le conflit entre les Armagnac qui soutiennent le roi et les Bourguignons dirigés par Jean Sans Peur va s'envenimer, mais c'est bien essayé... En 1409, la reine Isabeau de Bavière sait convaincre son époux Charles VI (le roi à demi fou) de prendre Jean Sans Peur comme précepteur du dauphin, le futur Charles VII, alors âgé de six ans. Une tentative pour s'en faire un allié, tentative qui réussira quelques années...

Veuve pendant plus de trente ans, Catherine de Médicis sait, en tant que régente, puis que reine mère, conseiller au mieux ses fils pour qu'ils deviennent rois à tour de rôle dans cette époque si troublée des guerres de religion. Son aîné François II ne règne qu'un an et meurt précocement en 1560. Son second fils Charles IX n'a que dix ans lorsqu'il accède au trône. Sa mère lui fait faire en deux ans un " tour de France " de centaines de villes protestantes pour apaiser les conflits. Décédé en 1574, Charles IX est remplacé par Henri III, auquel Catherine de Médicis va à nouveau prodiguer ses conseils. Mais le cœur n'y est plus et la haine entre les deux camps catholique et protestant ne fera qu'empirer.

Anne d'Autriche et Louis XIVLouis XIV doit la vie à sa mère Anne d'Autriche plus d'une fois. Par la naissance bien sûr. Mais aussi parce qu'en 1647, alors qu'il n'a que dix ans, mais qu'il est roi depuis qu'il a quatre ans, il est atteint de la petite vérole et qu'on le croit perdu : c'est sa mère, qui le soigne et le tient dans ses bras des nuits entières, qui parvient à le sauver. Enfin, deux ans plus tard, lors de la Fronde des Princes, elle prend l'initiative de fuir avec lui. Ce jour-là, elle lui sauve sans doute encore la vie... et le trône en même temps.

La loi Salique, leur empêchât de s'asseoir dirrectement sur le trône, certes, mais n'ont elles pas  sues pour autant, démontrer que l'histoire ne pouvait s'écrire sans elles ... ;-)



 

 

 

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