Jeudi 17 Janvier 2008
Mariés avec panache
Par VENEZIA, Jeudi 17 Janvier 2008 à 16:13 GMT+2 dans La hotte du colporteur
A l'heure où tout semble
aller pour le mieux en France
puisque la seule préoccupation pour
beaucoup est de savoir si oui ou non il y aura mariage, reléguant ainsi ce qui
pourrait être plus urgent au second plan, je préfère pour ma part vous parler
d'un banquet de mariage peu commun qui lui a bien eut lieu du côté de Florence.
En 1540, le duc Cosme 1er (1519-1574) quitte sa demeure de la via
Larga pour aller s'installer avec sa cour dans le Palazzo della Signoria
ou de nos jours le Palazzo Vecchio. A
l'intérieur se trouve une immense salle que l'abbé Savonarole(v
1452-1498) avait
précédemment réservé au conseil Général du Peuple, et qui fut transformée quelques années plus tard par Vasari (1511-1574) lequel en
fait une salle
d'apparat décorée de fresques aux iconographies très élaborées, et qui
ont été
remaniées plusieurs fois . Actuellement c'est la fresque de Léonard de
Vinci (1452-1519), qui domine le tout avec la Bataille d'Anghiari. Mais au XVème siècle
cette salle devint le lieu idéal pour
accueillir des fêtes, des spectacles et des cérémonies officielles voulues par
les princes.
Par mis les banquets les plus
célèbres qui se sont tenus dans le « Salone dei Cinquecento », il
convient de rappeler celui qui a été offert au XVIIème à l'occasion des noces
de Marie de Médicis (1575-1642) avec le
roi de France, Henri IV (1553-1610) et dont l'organisation fut confiée à
Bernardo Buontalenti , l' un des plus grands artistes de l'époque à la
fois architecte sculpteur et peintre (1536-1608) qui, selon la mode maniériste
de l'époque, voulut étonner les invités en créant un décor fantastique. La
grande salle fut en effet entièrement transformée. De nombreux miroirs furent
incrustés dans les tables dressées ; grâce à un dispositif mécanique, ces
tables pouvaient tourner et reflétaient ainsi à l'infini l'image de la fête ,
les invités pouvaient donc admirer la scène sous plusieurs points de vue et les
dames pouvaient retoucher leurs coiffures sans avoir besoin de quitter la
table. Le tableau était complété par un ensemble de peintures qui avaient pour
thème cette cérémonie et qui avaient été réalisées par les plus grands artistes
qui se trouvaient à Florence à cette époque-là. Ainsi les protagonistes de
l'événement pouvaient se regarder non seulement dans les miroirs, mais aussi
dans les grandes toiles peintes, dans un effet de double perspective tout à
fait étonnant.
Mais revenons sur ce dîner de noce de Marie de Médicis et du bon roi Henri IV : ceux qui attendent que je leur narre les 1er pas de danse Du Roi de France avec sa belle au cours de ce fameux banquet vont être déçus, et pour cause Henri IV n'était pas présent !! L'union avec Marie de Médicis répondait avant tout pour le roi de France à des préoccupations purement dynastiques et financières. En effet, les Médicis, banquiers créanciers du roi de France, promirent une dote d'un montant total de 600 000 écus d'or, ce qui donna à la reine le surnom de "la grosse banquière". La cérémonie Florentine se fit par procuration le 5 décembre 1600. L'arrivée de celle qui allait devenir reine de France fut retentissant. Deux mille personnes constituèrent sa suite.. C'est Antoinette de Pons (1570-1632), marquise de Guercheville et dame d'honneur de la future reine qui est chargée de l'accueillir à Marseille. La marquise avait su si bien résister aux projets galants du roi que celui-ci lui avait dit : "Puisque vous êtes réellement dame d'honneur, vous le serez de la reine ma femme". Il tient parole et la chargea d'aller la recevoir dans la cité phocéenne.. Après son débarquement, Marie de Médicis rejoint son époux à Lyon où enfin ils passèrent leur première nuit de noce.
Aussi vous comprendrez peut être pourquoi j'ai pris la liberté d'illustrer ce billet avec un extrait musicale du
Grand Bal à la cour d'Henri IV tiré de l'enregistrement de l'ensemble Doulce
Mémoire sous la direction de Denis Raisin Dadre. Une manière après plus de 400
ans d'unir le Roi à la cour florentine mais toujours avec panache 
Illustration musicale :
Praetorius et Guédron :
Grand bal à la cour d'Henri IV :
Ensemble Doulce Mémoire, Denis Raisin Dadre
Extrait proposé : "Nos esprits libres et contents"






