Vendredi 6 Avril 2007
Pousse pas le bouchon, Maurice !!
Par VENEZIA, Vendredi 6 Avril 2007 à 07:06 GMT+2 dans La hotte du colporteur
Qui n’a jamais eu l’envie irrésistible de faire une farce ou une blague le jour du 1er avril ? à un proche ? que celui qui n’a jamais..(non là je me trompe c’est une autre histoire
on rentre dans la semaine sainte et je m'en mèle les pédales
. Mais cette année, nada !je suis resté sage !! ( oui ben quoi ? ) Je me suis plutôt penché sur les origine de cette tradition, et donc voici ce que j’ai trouvé pour alimenter ce sujet :
Il faut savoir qu’avant 1564 le premier jour de l’année commençait le 1er avril et non le le 1erjanvier comme de nos jour. avril vient du latin prilis aperire : ouvrir. Le 1er avril était pour nos ancêtres le temps de s’offrir des présents
Mais en France c’est le 9 août 1564 que le 1er janvier fut instauré comme premier jour de l’année par la publication de l’Edit du Roussillon, signé dans la cité Iséroise du même nom. Avant cette date tout était flou. L’année commençait de façon plus ou moins variable selon les états ou provinces. Cela pouvait correspondre à une fête fixe, au jour de Noël ou tout à l’inverse un jour de fête mobile comme celles de Pâques. De ce fait l’année pouvait commencer lez 25 mars si vous étiez à Vienne, le 25 Décembre en terre Lyonnaise tout comme dans le Poitou, la Normandie et l’Anjou !! Vous imaginez un peu comme cela devait être pratique pour les affaires et autres actes de la vie au quotidien… Charles IX (1550-1574) qui régnait à l’époque, instaura ce changement de date dans tout le royaume.
Et c’est vraiment par un pur hasard que cette décision fut prise en Isère. En effet profitant au cours de l’année 1564, d’une paix retrouvée entre partis catholique et protestant, la mère de Charles IX, Catherine de Médicis (1519-1589), entreprend un long voyage à travers le royaume, afin d’y renforcer en province le sentiment monarchique. C’est avec le jeune roi, la cour et une escorte armée qu’elle entreprend ce voyage. Leur pas les menèrent ainsi à Lyon. Mais une terrible épidémie de peste se déclare alors, et se repend rapidement obligeant le jeune roi et les siens à trouver refuge à Roussillon, à une cinquantaine de kilomètres de Lyon. Et la cours s’installe alors au chateau, se laissant agréablement vivre, tout en se ménageant quelques journées de travail. Le souverain accompagné de ses ministres : Michel de l’Hospital et Sébastien de l’Aubespine, révisa ainsi une loi relative à la justice et à la police de son royaume, qui avait été rejeté par le parlement de Paris. Il y ajouta l’article 39, stipulant que l’année commencerait désormais le 1er janvier dans tout le royaume. Cette ordonnance fut acceptée et enregistrée par le parlement cette année là. Son application fut plus ou moins rapide selon les villes : à Paris en 1567, mais à Beauvais en 1580.
En 1582 le pape Grégoire XIII réforma le calendrier julien, et étendra cette mesure à toute la chrétienté. Mais alors que ce passa t’il le 1er avril 1565 ? Et bien les habitants de certaines régions françaises n’acceptant pas ce changement de calendrier (pour cause à l’époque les nouvelles circulaient moins vite que maintenant !) continuèrent à recevoir de faux cadeaux de leurs contemporains : mottes de terre ou bottes de paille. Ces réfractaires au changement étaient pris pour des farfelus, et avec le temps les petits cadeaux d’avril se transformèrent en farces, blagues et canulars. Selon les corps de métiers dans lesquels les gens appartenaient et bien on envoyait les apprentis les moins dégourdis rapporter des objets insolites tels que, la corde à lier le vent, la passoire sans trou, la clef des champs, de l’huile de coude… Mais la tradition du poisson d’avril trouve d’autres origines. L’une d’elle serait liée à la fermeture de la pêche. A cette époque de l’année, la pêche est interdite en France car c’est la période de frai. Certaines personnes taquines auraient eu l’idée de faire des farces aux pêcheurs en jetant des harengs dans les eaux douces des rivières, sachant que le hareng est un poissons de mer et donc d’eau salée !! et s’écriant alors : Poisson d’Avril !! Cette dernière hypothèse reste très incertaine mais bon après tout.. D’Autres supposent enfin que début avril correspond à la fin du carême chez les chrétiens où on ne mange pas de viande mais plutôt du poisson. On continuait donc à offrir un « poisson d’avril » après le carême. Voilà bien des hypothèses qui circulent depuis des lustres, et qui ont une véracité plus ou moins douteuse. Pour ma part ces recherches m’auront appris un moment important de notre histoire, par cette ordonnance du Roussillon le 1er jour de l’année tel que nous la connaissons aujourd’hui été né. Mais ne croyez surtout pas que ce calendrier traversa le temps sans bouleversements, je vous parlerai un jour du calendrier révolutionnaire, où là ce n’était plus une question de farce et ni la tête du poisson que l’on coupait, mais un peu de patience…

Texte ci-dessous de l'édit en vieux français
Enfin pour terminer ce billet je vous propose d'ouvrir cette vidéo





