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Du scriptorium à la presse à vis





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Dans les monastères et les abbayes, les moines se sont appliqués pendant des siècles à recopier à la main et enluminer les textes sacrés et anciens. Un travail indispensable pour la conservation et la transmission des connaissances qui sera supplanté, à partir du XV ème siècle, par l’imprimerie. C’est sous le règne de Charlemagne (qui malgré sa grande culture ne savait pas écrire !) que se développe dans tout l’occident chrétien la pratique intensive de l’écriture. Dans les abbayes et les monastères sortis de terre au XI ème siècle, les moines s’attellent à un travail de titan : la préservation des textes sacrés et religieux mais aussi des auteurs classiques, latins et grecs, dont les œuvres menacent de disparaître. Installés dans le scriptorium, qui est bien souvent la seule salle chauffée du monastère, tout près de la bibliothèque, les moines recopient inlassablement à la main les précieux textes sur des parchemins rapportés de Pergame en Asie mineure, ou il est utilisé depuis le II avant notre ère, le parchemin va considérablement aider au développement des manuscrits. Avant de pouvoir commencer son ouvrage, le moine doit d’abord bien préparer son support. Chaque « feuille » est lissée avec un couteau ou une pierre ponce pour faire disparaître toutes les aspérités et afin d’obtenir un poli légèrement granuleux capable d’absorber l’encre de la plume d’oie sans la laisser « baver ». Chacune des feuilles ainsi travaillées peut être cousue à d’autres pour former le « codex », l’ancêtre de nos livres. Dans les monastères, c’est petit à petit toute une organisation qui est mise en place. A part la prière, rien ne vient distraire le moine de son travail. Car la congrégation tire une partie non négligeable de ses revenus des manuscrits que lui achètent la noblesse et le clergé. Les novices sont chargés de tracer l’ébauche des traits sur le parchemin ou d’exécuter de nombreux travaux peu minutieux. Les plus appliqués son chargés de réaliser à l’encre le travail de copie en lui-même.

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. Mais on fait aussi appel à de véritables artistes, qui se spécialisent dans l’art de la mise en couleur et des enluminures. Car si les moines ne font preuve sur le fond d’aucune invention (puisque qu’ils recopient), ils vont en revanche largement influencer sur la forme. Avec eux naît en effet l’art de la calligraphie. Petit à petit une lettre s’impose : la minuscule caroline. Devant son nom à Charlemagne, la caroline est une lettre ronde et sage. Extrêmement esthétique, elle permet de former des lignes bien disposées, de hauteur égale et facilite grandement la lecture. Mes les copistes vont également mettre en valeur leurs belles pages. Réalisées avec des couleurs chatoyantes et vives, les enluminures sont de riches dessins, représentant des personnages mais aussi des fleurs ou des paysages. Un véritable art du manuscrit voit ainsi le jour ! A partir du XII ème siècle, notamment grâce à la découverte d’une invention ramenée de Chine, celle du papier, on assiste à une laïcisation de l’univers du livre. Jusqu’alors seul les moines copistes avaient pour mission de sauvegarder les textes essentiels. Désormais, de plus en plus d’ateliers de scribes s’installent dans les villes et se mettent à leur tour à « fabriquer » des livres, la bourgeoisie naissante manifestant un réel appétit de connaissances. Des traitées d’astronomie ou de mathématiques, des manuels de cuisine ou d’éducation et même des romans commencent ainsi à être « publiés » hors les monastères mais toujours manuscrite. Il faut cependant attendre le milieu du XV ème siècle pour qu’un nouveau procédé, élaboré à Mayence en Allemagne, par un certain Johann Gensfleish, dit Gutenberg (1400-1468), bouleverse l’ordre établi.

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 En mettant au point des caractères mobiles, Gutenberg permet d’améliorer l’utilisation de sa presse à vis. Chaque page est composée, caractère par caractère, puis encrée et imprimée des deux cotés d’une feuille de papier. Dés lors, plus besoin de moines pour recopier les textes. Un atelier d’imprimerie permet en une journée d’effectuer le travail qu’ils auraient réalisé en plusieurs semaines ! En 1457, la première bible, baptisée « Bible de Mayence », est publiée. En France, l’invention fait frémir les bibliothécaires mais surtout les membres du clergé et de l’aristocratie, qui craignent la disparition des manuscrits mais surtout de leur pouvoir sur l’écrit. Le procédé révolutionnaire, est pourtant à l’époque considéré comme diabolique ! et d’aucuns affirment que la mode ne durera pas… Malgré ces réticences et ces résistances, la technique se répand rapidement dans toute l’Europe, en particulier grâce aux ouvriers allemands. En 1470 la première imprimerie s’installe en France, sous la tutelle du collège de la Sorbonne.
Pour ceux qui pensent, que grâce à cette invention, Gutenberg pu garantir sa fortune, se trompent. En effet au départ en 1441,les caractères, que l’on imprégnait d’encre étaient en bois. Convaincu de l’imperfection du travail avec ces éléments, il chercha à améliorer le procédé, et remplaça le bois par de la fonte. Pour mener à bien ses projets il est obligé d’emprunter auprès de l’orfèvre et banquier Johann Fust. Mais lorsque le commanditaire réclame son argent, Gutenberg est incapable de rembourser. Aussi en novembre 1455, Fust saisit son matériel. Le premier livre portant un label d’imprimeur, mis en vente en 1457, porte donc le nom de Fust, et non celui de Gutenberg, qui, lui, mourut ruiné.

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