Dimanche 28 Janvier 2007
Diable que d’expressions !
Par VENEZIA, Dimanche 28 Janvier 2007 à 16:05 GMT+2 dans La hotte du colporteur
Pourquoi Capharnaüm est désordonnée ? Les laconiens laconiques ? L’an quarante de peu d’importance ? Les carottes toujours cuites ? Et si Lapalice n’avait jamais émis la moindre lapalissade ?
la langue françaises n’est pas dépourvue d’expressions diverses et anciennes, il suffit de lire à titre d’exemple La puce à l’oreille de Claude Duneton ou le roman historique de Robert Merle : Fortune de France, , pour en avoir un vague aperçu. Laissez moi si vous le voulez bien vous en expliquer quelques unes.
Peut être nous est il déjà arrivé un jour ou l’autre de jurer à en mettre la main au feu, au Moyen Age l’épreuve du feu permettait de prouver ou non l’innocence ou la culpabilité de quelqu’un : le suspect devait porter une barre de fer rougie au fer …si ses mains ne portaient aucune trace de brûlure, il était absous. Se faire l’avocat du diable est une expression qui vient du Vatican. On appelait ainsi le « promoteur de la foi », celui dont le rôle était de mettre en doute les mérites d’une personne que l’on proposait à la canonisation. Autre fois, le sol des rues était concave pour permettre l’écoulement des eaux au centre. Le haut du pavé se situait donc en bordure des maisons, sorte de trottoirs étroits. Lorsque l’on rencontrait un haut personnage, il fallait lui céder la place pour qu’il ne soit pas éclaboussé, de là est née l’expression tenir le haut du pavé. La chamade était un signal militaire que donnaient les assiégés d’une ville pour indiquer qu’ils voulaient se rendre où engager des pourparlers, et non battre la chamade n’a rien à voir avec le battement d’un cœur amoureux !
Au XVIIème siècle on faisait asseoir au tribunal une personne ayant commis un déli sur un petit siège de bois appelé la sellette. Le siège était si bas qu’il faisait prendre au dit accusé une posture humiliante, c’est de cette époque qu’être sur la sellette à vue le jour.
Capharnaüm était une ville de Galilée dans laquelle Jésus guérit un paralytique. Mais la foule se pressait à un tel point autour de la maison que les porteurs du paralytique durent faire un trou dans le toit pour faire passer la civière. La maison était bondé, le toit percé, des gravats de la poussière… un vrai Capharnaüm quoi ! Le courageux Jacques de Chabannes, seigneur de La Palice est mort au combat à Pavie en 1525…c’est tout ce que l’on sait de lui. Ses soldats composèrent une chanson vantant ses mérites de preux guerrier. Celle-ci fut déformée et transformée par on ne sait qui et demeure associée au personnage historique : « Monsieur de La Palice est mort, est mort devant Pavie, un quart d’heure avant sa mort, il était encore en vie », une vérité de La Palice quoi !
Pour ceux qui pensent que se mettre en rang d’oignons à un quelconque rapport avec le jardinage et les plans d’oignons soigneusement rangés, font fausse route. L’expression vient en fait d’un grand maître de cérémonie à la cour des Valois, Artus de la Fontaine Solaro, baron d’Oignon, qui assignait leur place aux seigneurs. Il avait coutume de crier : « serrez vos rangs, Messieurs, serrez vos rangs » et les seigneurs de se moquer des rangs d’Oignon.
En l’an quarante du calendrier des républicains, les royalistes ne croyaient pas que la république survivrait cette année de l’an quarante, et l’expression s’en moquer comme de l’an quarante trouve ici son origine. Elle se rapproche d’une expression utilisée depuis les Croisades : « s’en moquer comme de l’Alcoran (le Coran) ». Du nom du législateur Dracon on doit l’expression une loi draconnienne, il donna ses premières lois à Athènes (VII ème siècle av JC.) Elles étaient si dures (la mort était la sentence pour toute faute, si minime fut elle) qu’on les disait « écrites avec du sang. » Avoir des yeux de Lynx n’a aucun rapport avec le magnifique félin. Il s’agit d’une déformation de Lyncée, le pilote des argonautes qui guida, grâce à sa vue perçante, Jason vers la toison d’or.
Les habitants de la Laconie, les spartiates étaient réputés pour leur austérité de mœurs mais également de langage, d’une rare brièveté. Ainsi, pour annoncer à leurs citoyens la victoire sur Athènes et la fin de la guerre du Péloponèse, ils se contentèrent de dire : « Athènes prise », c’est ce qu’on appel être laconique.
Pour terminer il ne faut pas être médusé comme la gorgone Méduse qui changeait en pierre celui qui croisait sont regard, dont Persée trancha la tête, de du sang de la laquelle naquit selon le mythe Pégase, le cheval ailé.
C’est volontairement que je n’ai pas parler des trésors d’expression que nous livre Robert Merle dans Fortune de France, mais il y en a tant, qu’il va me falloir trier et faire des choix pour vous livrer ici les plus croustillantes, alors promis dés que je termine de dévorer les treize volumes de ce roman historique je me mets sur mon trente et un et l’on en reparle






