Dimanche 21 Janvier 2007
Jacquou le croquant
Par VENEZIA, Dimanche 21 Janvier 2007 à 09:11 GMT+2 dans La hotte du colporteur
1815. Jacquou, jeune paysan du Périgord, vit heureux avec ses parents.
Par la faute d'un noble cruel et arrogant, le comte de Nansac, il devient orphelin et misérable.
Jurant de se venger, Jacquou va grandir et s'épanouir sous la protection du bon curé Bonal qui le recueille. Grâce à des amis sûrs et à Lina, une jeune fille patiente et lumineuse, il deviendra en quelques années un jeune homme déterminé et séduisant.
Il saura transformer son désir de vengeance en un combat contre l'injustice, et prouver qu'un simple croquant n'est pas dénué de grandeur.
L’histoire en est donc bien connue, les aventures d’un jeune garçon, dont le père est arrêté et condamné à une époque où le pouvoir des nobliaux de campagne reste prépondérant. Malgré que nous soyons en 1815, les effets de la révolution ne se sont pas fait ressentir dans la France profonde et les injustices et la misère restent flagrantes.
Jacquou, ce jeune garçon va donc grandir sans famille et devenir le meneur d’une révolte locale.
Les plus anciens se souviendront de la série télévisée des années soixante, le film est fort différent.
Il se divise en deux parties l’enfance de Jacquou et sa vie d’adulte.
Le premier volet est joué par le jeune Léo Legrand, un petit bout d’homme aux regards expressifs. Les caméras nous montrent principalement les choses sous son regard d’enfant naïf, mais sans gommer pour autant la cruauté des choses. Les prises de vues nous offrent quelques splendides images.
Certaines scènes sont fortes, Jacquou le Croquant est un film au charme certain, très belle prestation que nous livre ces deux Jacquou (le petit Léo Legrand et le grand Gaspard Ulliel) et de quelques seconds rôles surprenants comme Olivier Gourmet en curé Bonal.
Il faut aussi saluer le travail des maquilleurs qui ont réussi la performance de vieillir les personnages de 15 ans sans que cela ne fasse (comme trop souvent) gros emplâtre de fard et effet irréaliste ainsi que l’attention portée aux costumes.
Un classique de la littérature française remis à l’honneur au cinéma par le réalisateur Laurent Boutonnat, s’il est vrai qu’on a un peu le vertige à sa façon de passer rapidement d’une image à l’autre, avec une préférence pour les scène de gros plan, on se laisse emporter dans l’univers de Boutonnat. Il ne peu pas renier son style, et effectivement certains prises de vues nous font penser à des clips, mais sur grand écran je vous assure que la magie opère, et que Boutonnat nous livre de belles images, alors après on aime ou on aime pas. Pour sa façon de nous raconte l’œuvre d’Eugène Leroy, il faut garder à l’esprit que le roman à été écrit au 19 ème avec tout l’esprit de l’époque, mais ici on ne fait pas dans le dégoulinant lourd et indigeste, du coup la sauce prend.
Un film qui compte de bons atouts comme ce concours de danse qui ressemble plus à un combat de chefs. Un mélange donc de fraîcheur, une dose d’idéalisme et une volonté de plaire donnent un résultat très agréable.
Seul bémol pourquoi avoir tourné une partie du film en Roumanie, alors que le Périgord offre des paysages magnifique et je sais de quoi je parle pour y avoir vécu, dommage c’était l’occasion de refaire vivre ce Périgord pourpre, vert et noir, et cela fait moins loin pour ceux qui décideraient d’aller se promener dans cette France profonde…




