Dimanche 20 Aout 2006
LES PRINCES DE VENISE
Par VENEZIA, Dimanche 20 Aout 2006 à 19:28 GMT+2 dans La hotte du colporteur
Ce qu’il y a de bien à Venise, c’est qu’on peut s’y promener, pas de voitures, des rues étroites, des petits canaux, des jeux d’ombre et de lumière, des maisons magnifiques, et une ville toute entière qui semble consacrée au plaisir de vivre et de flâner. Avez-vous remarqué toutes ces petites terrasses construites sur les toits de tuiles ? Comme je l’écrivais dans un précédent article, la meilleure façon de découvrir la sérénissime c’est de s’y perdre. Mais si la fatigue venait à juste titre, se faire ressentir, et que votre bourse se trouvât bien garnie, laissez vous aller à la découverte de cette citée, au fil de l’eau bercé par le clapotis de la rame fendant d’une part et d’autre l’eau, de ces nombreuses embarcations filant à travers les canaux : les gondoles.
La gondole est vraiment l’une des caractéristiques de Venise, Cette barque élancée traditionnelle pour les habitants de la lagune, a une histoire qui remonte à plus de 1000 ans. Elle remonterait à l’époque du 1er Doge au VIIIème siècle et sa présence est prouvée par un acte publique datant de 1094. L’origine du nom est difficile à établir, peut être du grec « Kondyle » soit « coquille » en passant par une interprétation plus symbolique, ou bien de « Kondoura », sorte d’embarcation, ou du latin « Cymbula » (petite barque ) ? La gondole n’a pas toujours été comme nous la connaissons aujourd’hui. La ligne d’embarcation était plus proche du fil de l’eau et poupe et proue étaient moins élevés. Au début elle n’avait pas de signes particuliers qui auraient pu les rendre plus distinguables des embarcations lagunaires. Légère et maniable, leurs extrémités (proue et poupe) étaient décorées de pointes métalliques, stade « embryonnaire » des « feri » (fers). La gondole était symétrique contrairement à aujourd’hui, à font plat la « forcola » (tolet) permet ainsi la propulsion de la gondole. Le bordé était coloré, orné d’applications luxueuses, c’était là l’occasion, pour les familles noble, de faire étalage de leur puissance économique. Parmi les objets précieux à qui ils donnaient forme d’œuvres originales, les artisans préféraient le fer de proue semblable à un hallebarde et portant 6 pointes (une pour chaque quartier de la ville) et la volute de la poupe. C’est au XVIII ème siècle qu’elle prend ses dimensions et son aspect actuelle, (jadis elle pouvait être plus grande et à plusieurs rames). Elle mesure 10.m75 de long et 1.m75 de large, le fond plat n’est pas dans l’axe de l’embarcation de façon à la maintenir en équilibre, maniée par un seul rameur placé de côté : le gondolier, à l’époque à la différence d’aujourd’hui il était habillé d’une façon plus singulière et avec recherche. Les gondoles sont noires parce qu’un décret du Sénat de la république a mis fin en 1562, à l’étalage des ornements, le seul, espace réservé aux décorations fantaisistes, est celui des panneaux de couverture d’avant, parfois entaillés et présentant des roulements végétaux ou bien plus rarement, des vues miniaturisées de la lagune. Le « Felze » sorte d’abri mobile a disparu lui aussi, placé au centre de la gondole, il protégeait ses occupants par mauvais temps. Cette capote spéciale, couverte d’un draps noir et ornée de cordons et de rubans, avait de minuscules fenêtre et une petite porte à 2 battants.

On dénombre 8 modèles d’embarcations : - la Gondola : celle que nous voyons le plus actuellement - le Puparin : embarcation rapide, utilisée autrefois pour la surveillance en mer, et comme bateau de casada (pour famille noble). - le Mascareta : sorte de sandolo (sandale) léger utilisé pour la pêche, les régates, ainsi que pour la navigation de plaisance sur la lagune. Son nom proviendrait de l’utilisation qu’en faisaient régulièrement les prostituées au visage masqué. - la Carolina : bateau de travail qui à conservé son aspect actuel, sert à la pêche, et au transport des primeurs. - la Balotina : proche de la gondole, sa coque est légèrement plus étroite et arrondie, elle se conduit à l’aide de 4 ou 6 rames, son nom provient de « balotes » (boules) d’argiles utilisées aux cours des parties de chasses, ou lors de régates pour maintenir l’ordre et garder libre l’espace réservé à ces compétitions. - la Sandalo : c’était l’embarcation la plus courante du fait de sa maniabilité, (transports marchandises, produits de pêche, et personnes.) Son nom provient peut être de « Sandalium » sorte de chaussure plate, comme le fond précisément de cette barque. - le Distotona : embarcation de parade de près de 24 mètres, au XIXème c’était le bateau qui ouvrait le cortège de la régate historique.
Si de nos jours ces embarcations, restent un symbole de Venise, y embarquer n’est pas à la portée de toutes les bourses. Elles auront toutefois permis, à coups de rames « magiques », de transformer de simples gondoliers en Princes de Venise. Pour ma part, je préfère encore déambuler dans ces ruelles, et le long de ces canaux chaussé de mes tennis, et ma foi peut être que dans un avenir imaginaire, nous pourrons enfourcher un Nimbus 2000 et utiliser un portauloin, pour aller d’une île à l’autre :o) !




