Lundi 24 Mars 2008
Le Souvenir de Maria
Par VENEZIA, Lundi 24 Mars 2008 à 18:06 GMT+2 dans les sillons de ma mémoire
MAria MALIBRAN : 24 mars 1808 à Paris - 23 septembre 1836
Ecrit dans son regard, dans son cœur, dans sa voix,
Sous trois formes au ciel appartenait cette âme,
Pleurez terre ! et vous, cieux, accueillez la trois fois. »
Musset lui a dédié des Stances et Lamartine ce quatrain, Sacha Guitry fit d'elle le personnage principale de son seul film musicale en 1943 : « La Malibran » et Aujourd'hui après 20 ans de travail de collection et d'étude, Cécilia BARTOLI lui consacre son nouvel album « Maria ».
Depuis que j'ai fait l'acquisition de cet album le week end dernier, je vous avoue ne pas avoir écouté autre chose. Non pas que je voue un culte particulier à Cécilia BARTOLI, même si je suis de près ce qu'elle fait depuis quelques années maintenant, mais de tous les albums qu'elle a enregistré ce dernier est à mon sens celui ou elle s'est le plus impliquée. Je ne vais pas vous faire une critique de cet opus, je n'ai pas l'étoffe pour ce faire, pour cela je vous invite à cliquer sur le lien de jardinbaroque, qui lui, mieux que moi sera plus avisé pour vous en parler.
Pour moi je vous dirai juste que cet album me touche beaucoup, à travers la voix de Cécilia, c'est sûrement tout une époque qui revit : c'est un romantisme plus sensible et moins maniériste que l'image donné par beaucoup dans ce style. La Diva Romaine reconstitue pendant plus d'une heure tout ce qu'a due être l'univers et la personnalité de Maria MALIBRAN, une femme sensible et engagée, très indépendante fascinante aux yeux de son entourage. Une femme libérée si l'on en croit ce qu'écrivirent ses contemporains. Avant cet album comme beaucoup d'entres vous , je ne connaissais pas cette femme, mais maintenant je ne peux que regretter, le peu de moyens permettant à l'époque de conserver des traces sonores du travail qu'elle à accompli. Cécilia n se contente pas de nous livrer une série de « tubes » connus, elle s'engage complètement en nous présentant des extraits d'œuvres mal connues, Giuseppe PERSIANI pour ne citer que lui, nous faisant jusqu'à découvrir une création toute personnelle de la « MALIBRAN » au travers de l'air intitulé « RATAPLAN ». Pour terminer cet enregistrement Cécilia BARTOLI nous livre sa vision de la « Casta Diva » air indissociable du souvenir et du nom de « La CALLAS » certes, mais qui ici n'est en aucun cas un copier coller. Cécilia le chante comme dans un murmure mêlant force et douceur, en relisant le texte de ce dernier on comprend pourquoi..
Extrait proposé :
GIUSEPPE PERSIANI
(Recanati
1799-Parigi 1869)
Romance d'Ines : « cari giorni », extraite de l'Acte deux de Ines de Castro, tragédie lyrique en 3 actes
Livret :
Salvatore Cammarano (1801-1852)
Création Naples,
Teatro San Carlo, 28 janvier 1835
INES
Cari giorni a me sereni
D'innocenza e di vertù,
Foste brevi, siete spenti,
né a brillar tornate più.
Nel dolor à scorsa intera
La prim'ora dell'età,
Mia giornata innanzi sera
Nel dolor tramonterà.
Traduction :
INES
Chères journées sereines à mon cœur,
D'innocence et de vertu,
vous fûtes brèves, vous n'êtes plus,
vous ne revenez plus briller en moi.
Le matin de ma vie
S'est tout entier écoulé dans la douleur,
Et mon voyage vers le soir
S'achèvera dans la douleur.




