Jeudi 22 Fevrier 2007
Médiolanum ou Saintes la Romaine
Par VENEZIA, Jeudi 22 Fevrier 2007 à 14:28 GMT+2 dans Tous les chemins
Lors d'un précédent article, je vous racontai l'histoire de Saintes, ville au combien riche de faits divers étalés sur prés de 2000 ans d'histoire. Aujourd'hui remontons le temps, si vous le voulez bien à l'époque romaine.
L’Arc Romain qui s’élève sur la rive droite de la charente a été construit vers 18-19 ap. J-C. Il était implanté à l’entrée du pont romain qui franchissait la Charente. L’élargissement progressif du lit du fleuve entraîna au cours du Moyen Age le prolongement du pont vers l’est. Son nom « Germanicus » provient par tradition d’une lecture incomplète de la dédicace du monument.
La grande voie romaine crée par Agrippa dés la fin du 1er siècle av. J.-C. , reliant Lyon, capitale des trois Gaules, à l’Atlantique, arrivait dans la cité des Santons par l’Est.
L’Arc rappelle l’accés principal menant à la cité antique de Mediolanum et le pont qui franchissait la Charente à cet endroit.
Véritable porte de ville avec ses deux arches correspondant aux deux sens de circulation, ce monument, dédié à l’empereur Tibère, à son fils Drusus et à son neveux Germanicus, a été construit par un noble Santon du nom de Caius Julius Rufus. Ce personnage, en vue dans sa cité, décline sur l’arc toute sa titulature ainsi que sa généalogie d’origine gauloise.
Au Moyen Age, l’arc fut muni de créneaux. Le pont romain connu aussi quelques remaniements au cours du XII ème siècle. Le pont était aussi à la même époque encombré de multiples constructions : une grosse tour des moulins et une chapelle. C’est grâce à la présence de Prospère Mérimée en 1843 au moment de la démolition du vieux pont, que l4arc fut sauvé, démonté et remonté à son emplacement actuel. Long de 15,90m et avec prés de 15m de hauteur, il offre une grande sobriété dans son décor architectural.
A son Apogée la ville comptait plusieurs établissements thermaux. Les vestiges qu’ils nous en reste aujourd’hui furent sans doute bâtis dans le 3ème quart du 1er siècle après J-C. Seul la partie chauffée a pu être mise à jour suite aux fouilles. On peut identifier la salle des bains chauds dite « caldarium » toutes les autres traces du fonctionnement des bains ont aujourd’hui disparues.Comme la plus part des villes de Gaule, Médiolanum a connu au Bas-Empire un phénomène de transformation radicale par la construction d’une enceinte qui n’englobait qu’une partie de l’agglomération antique. Les causes et les dates précises de ce bouleversement ne sont pas clairement établies, bien qu’on les ait souvent rattachées au début des invasions barbares dans les années 270
. Le rempart était long d’environ 1,5 km et la ville fortifiée « le castrum » de Mediolarum couvrait 18 hectares. Elle comprenait le quartier bas situé dans la boucle du fleuve ainsi qu’une portion de falaise qui le domine, alors que la ville ouverte était beaucoup plus étendue. Les quartiers extérieurs, dont une partie au moins de l’ancien forum, furent abandonnés. D’importants monuments, pour certains déjà délaissés, furent démontés et on utilisa les blocs de pierre, souvent sculptés, pour asseoir les fondations du mur d’enceinte. Quelques traces de ce rempart subsistent ici et là dans la ville. Le rempart flanqué de tours devait avoir un rôle ostentatoire autant que militaire. Le pont, dans le prolongement de la voie Agrippa, fut intégré à cette nouvelle ville et en constituait le passage essentiel et monumental. Lors de la christianisation, c’est contre les remparts que les évêques établirent leurs cathédrales. Au Moyen Age vers les XI ème, XII ème siècles le tronçon oriental fut démoli pour être remplacé par une enceinte plus près du fleuve. Pendant les fouilles de 1887, de nombreux blocs gravés ou sculptés provenant de monuments publics ou funéraires ont été retrouvés. Aujourd’hui, conservés au musée archéologique, ils témoignent de la qualité de la parure monumentale de ces premiers siècles de notre ère.
Situé à l’ouest de la ville, l’Amphithéâtre romain est le vestige le plus important de la cité antique puisque la presque totalité des autres édifices publics ou privés, hormis l’Arc, à disparu. Commencé sous le règne de Tibère – 42 av J.C 37 ap J.C) il est achevé sous celui de Claude. Il a été érigé tôt étant donné le rôle important de la ville dans la romanisation de la province. La capacité de ce monument devait être d’environ 15000 places, selon les hypothèses, soit sans doute la totalité de la population de la cité. Il est traversé par un vaste égout souterrain se jetant dans la charente. Au troisième siècle de notre ère, il est abandonné et ses matériaux de construction vont servir à l’édification du rempart ceinturant la ville du Bas Empire.
L’Amphithéâtre de Saintes, adossé au Vallon des Arènes dont les flancs ont été creusés pour lui faire place, occupe une situation exceptionnelle. De structure « mixte » sa plus grande partie est pleine, les gradins s’appuyant directement sur le vallon. La partie orientale en revanche est construite entièrement avec des murs d’appui formant une structure creuse. Seules sont conservées l’arène et les fondations du monument. Par ce système mixte, cet édifice est à rapprocher de ceux de Pompéi ou de Fréjus. Ses dimensions (126 m par 102 m) sont proches de celles d’autres amphithéâtres, comme celui de Bordeaux ou bien encore ceux de Périgueux ou d’Agen. C’est aujourd’hui l’un des amphithéâtres les mieux conservés de la Gaule Chevelue, c'est-à-dire de la Belgique et de la France exception faite des régions méditerranéennes (Rhône-Alpes, Provence et Languedoc). Pour ceux qui aiment les vestiges gallo-romains, et qui ont un jour l’opportunité de se promener du côté de Saintes, je les invites à pousser leurs pas jusqu’au musée de la civilisation gallo-romaine. Vous y découvrirez des séries lapidaires remarquables : architecture publique et funéraire, inscriptions et sculptures diverses.
Dans le prochain chapitre consacré à Saintes; je reviendrai sur la ville au Moyen Age et de ses diverses évolutions, mais chute ! un peu de patience..




