Samedi 1 Septembre 2007
Les délices de Sablé
Par VENEZIA, Samedi 1 Septembre 2007 à 17:11 GMT+2 dans Tous les chemins
Si un jour vos pas venaient à
vous conduire au sud Ouest de la Sarthe
à, 50 km du Mans d'Angers et de Laval, il se peut qu'ils vous conduisent aux
portes de Sablé, charmante ville établie dans un méandre de la Sarthe au confluent de l'Erve et de la Vaige. Prenez le
temps de vous y arrêter pour découvrir ce petit écrin rempli de charme.
L'occasion m'en fut donnée lors du festival de musique baroque qu'accueil
chaque année la ville. Mais je ne vais pas vous parler de ce festival qui
certes à été pour moi un moment riche d'émotions, je vous invite pour cela à
vous rendre sur l'espace de Jardinbaroque en cliquant sur le petit dessin,
qui
lui mieux que quiconque, saura vous en faire l'éloge et un compte rendu digne
de cette manifestation. Pour ma part je préfère vous dépeindre et vous narrer l'histoire de cette ville.
Située sur une zone sensible
entre le Maine et l'Anjou, la ville de Sablé a très rapidement constitué un
enjeu lors des différents conflits opposant les rois de France et d'Angleterre.
Véritable forteresse bien située, c'est bien abritée, que la ville va se
développer pour compter dés le XVème siècle prés de 1200 habitants.
Mentionné dés le Xe siècle, le château
fort et un pont franchissant la Sarthe jouèrent un rôle important dans
la défense frontalière du comté du Maine. C'est durant cette époque que les
constructions d'églises et de prieurés
se multiplièrent. Au XVe siècle la ville accueille la
signature du traité rattachant définitivement le duché de Bretagne à la France (je reviendrai
prochainement sur cet épisode). Après la guerre de Cent ans, la paix ainsi
établie, est l'occasion pour la ville de développer un vaste mouvement de
reconstruction dont en témoignent encore aujourd'hui les
différents manoirs, maisons anciennes, fermes et moulins. (cliquez sur la photo du chateau)
Le XVIIe siècle est une période
d'éveil pour Sablé. Le bourg devient ville, dominée par le château que Colbert de Torcy (1665-1746), ministre
des affaires étrangères sous Louis XIV
(1638-1715) et neveu du grand Colbert
(1619-1683), fait édifier sur les
plans de l'architecte Desgots
(1655-1732), rachetant du même coup le marquisat. Cette demeure, avec le
nouvel hôpital et le prieuré de Solesmes, sert de modèle tout au long du XVIIIe
siècle qui voit ainsi un profond remodelage du bâtît.
Ce mouvement s'accompagne ainsi
d'un renouveau économique avec la production de marbre entamé depuis le XVIe
siècle, utilisé pour les cheminées et le mobilier des églises.
La ville tout au long de son histoire aura connue une multitude
d'activités économique comme en témoignent les Petits et Grands moulins sur la Sarthe.Le commerce et le
travail du cuir, attestés au Moyen Age, fonctionnaient encore au XVIIIe siècle.
1809 restera une date essentielle
dans l'histoire locale : de l'anthracite est découvert dans les environs.
Grâce à cela, le chaulage se répand
et transforme l'agriculture. L'exploitation du marbre, jusque là artisanale, se
modernise et la carrière devient le premier employeur de la ville.
La 2ème moitié du XIXe siècle et l'essor de l'industrie ainsi
que le développement du chemin de fer transformèrent davantage Sablé et son
centre ville qui s'étend autour de la gare de chemin de fer. La fin du XIXe siècle et la
première moitié du XXe siècle voient s'écouler une période de stagnation-récession
s'installer dans la commune. Les deux grandes guerres, l'exode rural, et le
caractère essentiellement artisanal des entreprises locales font que la ville
se maintient principalement dans un rôle de marché agricole.
Il faudra attendre 1960 et
l'impulsion de Joël Le Theule
(1930-1980), Député-maire et ministre à plusieurs reprises, pour voire
Sablé connaître une période d'extension très soutenue et sans équivalence dans
son histoire.
Et aujourd'hui la ville est un véritable pôle économique avec ses nombreuses entreprises implantées, sportif (canoë, montgolfière, cyclisme..) et culturel avec son centre culturel Joël Le Theule qui abrite entre autre le festival de musique baroque de renommée internationale, l'Université du Temps Libre, l'Ecole municipale de musique et de danse agrées. Notons aussi la riche programmation proposée tout au long de l'année dans la salle de spectacles (concerts, ballets et pièces de théâtre).
Je ne résisterai pas à l'envie de terminer ce billet en vous
narrant l'origine de ce fameux biscuit qui ravit tant nos papilles gustatives,
et qui ont fait la réputation de la ville !
D'aussi loin que l'on remonte
pour situer l'origine du « Petit Sablé », on ne manque pas de faire
état d'une lettre que Mme de Sévigné
(1626-1696) adressait à sa fille :
« A l'hôtel occupé par les prince de Condé, chaque premier lundi
du mois, il était coutume de régaler un nombre assez impressionnant de convive.
Or ce lundi là, premier du mois de juillet 1670, Vatel, maître d'hôtel du Grand
Condé, fit servir sur des plateaux une multitude de petits gâteaux secs et
ronds que « Monsieur » (le frère du Roi) trouva fort à sa convenance
et d'honnête légèreté (...), Il commanda qu'il soit fait de lui en porter
désormais au lever ».
Cette lettre de Madame de Sévigné
fait état de la présence, au cours de ce repas, d'une invitée d'honneur en la
personne de Magdeleine de Souvré, Marquise de Sablé.
Quelle coïncidence existait-il
entre la venue sur la table princière d'une nouvelle sorte de gâteaux secs et
la présence de Madame de Souvré (1599-1678)au rang d'invitée d'honneur ? Magdeleine de Souvré, Marquise de
Sablé et amie proche du célèbre La
Rochefoucauld (1613-1680),
était reconnue pour sa grande beauté. Elle reçut l'élite des
précieux et des précieuses et lança la mode des maximes dans ses
Salons. C'est
là que vraisemblablement sont nées les Maximes de La Rochefoucauld
(1613-1680). Grâce au Grand Vatel (1631-1671) et à la Marquise de Sablé, la
notoriété du véritable Sablé, dont la recette est perpétuée par la Sablésienne de biscuiterie, reste toujours bien
vivante.
*Cliquez
sur les 2 dernières photos, la 1ère renvoie sur le site officiel de la
ville, quand à la 2ème elle est incontournable si vous voulez en
savoir plus sur cet ensemble de musique baroque 
Accompagnement musical :
Marc-Antoine CHARPENTIER (1643-1704)
Médée 1693, tragédie lyrique en cinq actes et un prologue
sur un livret de Thomas CORNEILLE
Extrait : Ouverture
Les Arts Florissants - William CHRISIE direction
Extrait de :







