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Les délices de Sablé

 
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Si un jour vos pas venaient à vous conduire  au sud Ouest de la Sarthe à, 50 km du Mans d'Angers et de Laval, il se peut qu'ils vous conduisent aux portes de Sablé, charmante ville établie dans un méandre de la Sarthe  au confluent de l'Erve et de la Vaige. Prenez le temps de vous y arrêter pour découvrir ce petit écrin rempli de charme. L'occasion m'en fut donnée lors du festival de musique baroque qu'accueil chaque année la ville. Mais je ne vais pas vous parler de ce festival qui certes à été pour moi un moment riche d'émotions, je vous invite pour cela à vous rendre sur l'espace de Jardinbaroque en cliquant sur le petit dessin, qui lui mieux que quiconque, saura vous en faire l'éloge et un compte rendu digne de cette manifestation. Pour ma part je préfère vous dépeindre et vous narrer l'histoire de cette ville.

Située sur une zone sensible entre le Maine et l'Anjou, la ville de Sablé a très rapidement constitué un enjeu lors des différents conflits opposant les rois de France et d'Angleterre. Véritable forteresse bien située, c'est bien abritée, que la ville va se développer pour compter dés le XVème siècle prés de 1200 habitants.
Mentionné dés le Xe siècle, le château fort et un pont franchissant la Sarthe jouèrent un rôle important dans la défense frontalière du comté du Maine. C'est durant cette époque que les constructions d'églises et de prieurés  se multiplièrent. Au XVe siècle la ville accueille la signature du traité rattachant définitivement le duché de Bretagne à la France (je reviendrai prochainement sur cet épisode). Après la guerre de Cent ans, la paix ainsi établie, est l'occasion pour la ville de développer un vaste mouvement de reconstruction dont en témoignent encore aujourd'hui les différents manoirs, maisons anciennes, fermes et moulins. (cliquez sur la photo du chateau)

Le XVIIe siècle est une période d'éveil pour Sablé. Le bourg devient ville, dominée par le château que Colbert de Torcy (1665-1746), ministre des affaires étrangères sous Louis XIV (1638-1715) et neveu du grand Colbert (1619-1683),  fait édifier sur les plans de l'architecte Desgots (1655-1732), rachetant du même coup le marquisat. Cette demeure, avec le nouvel hôpital et le prieuré de Solesmes, sert de modèle tout au long du XVIIIe siècle qui voit ainsi un profond remodelage du bâtît.
Ce mouvement s'accompagne ainsi d'un renouveau économique avec la production de marbre entamé depuis le XVIe siècle, utilisé pour les cheminées et le mobilier des églises.
La ville tout au long  de son histoire aura connue une multitude d'activités économique comme en témoignent les Petits et Grands moulins sur la Sarthe.Le commerce et le travail du cuir, attestés au Moyen Age, fonctionnaient encore au XVIIIe siècle.

1809 restera une date essentielle dans l'histoire locale : de l'anthracite est découvert dans les environs. Grâce à cela, le chaulage se répand et transforme l'agriculture. L'exploitation du marbre, jusque là artisanale, se modernise et la carrière devient le premier employeur de la ville.
La 2ème moitié du   XIXe siècle et l'essor de l'industrie ainsi que le développement du chemin de fer transformèrent davantage Sablé et son centre ville qui s'étend autour de la gare de chemin de fer. La fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle voient s'écouler une période de stagnation-récession s'installer dans la commune. Les deux grandes guerres, l'exode rural, et le caractère essentiellement artisanal des entreprises locales font que la ville se maintient principalement dans un rôle de marché agricole.
Il faudra attendre 1960 et l'impulsion de Joël Le Theule (1930-1980), Député-maire et ministre à plusieurs reprises, pour voire Sablé connaître une période d'extension très soutenue et sans équivalence dans son histoire.

 Et aujourd'hui la ville est un véritable pôle économique avec ses nombreuses entreprises implantées, sportif  (canoë, montgolfière, cyclisme..) et culturel avec son centre culturel Joël Le Theule qui abrite entre autre le  festival de musique baroque de renommée internationale,  l'Université du Temps Libre, l'Ecole municipale de musique et de danse agrées. Notons aussi la riche programmation proposée tout au long de l'année dans la salle de spectacles (concerts, ballets et pièces de théâtre).

Je ne résisterai pas  à l'envie de terminer ce billet en vous narrant l'origine de ce fameux biscuit qui ravit tant nos papilles gustatives, et qui ont fait la réputation de la ville !

D'aussi loin que l'on remonte pour situer l'origine du « Petit Sablé », on ne manque pas de faire état d'une lettre que Mme de Sévigné (1626-1696) adressait à sa fille :
«  A l'hôtel occupé par les prince de Condé, chaque premier lundi du mois, il était coutume de régaler un nombre assez impressionnant de convive. Or ce lundi là, premier du mois de juillet 1670, Vatel, maître d'hôtel du Grand Condé, fit servir sur des plateaux une multitude de petits gâteaux secs et ronds que « Monsieur » (le frère du Roi) trouva fort à sa convenance et d'honnête légèreté (...), Il commanda qu'il soit fait de lui en porter désormais au lever ».
Cette lettre de Madame de Sévigné fait état de la présence, au cours de ce repas, d'une invitée d'honneur en la personne de Magdeleine de Souvré, Marquise de Sablé.
Quelle coïncidence existait-il entre la venue sur la table princière d'une nouvelle sorte de gâteaux secs et la présence de Madame de Souvré (1599-1678)au rang d'invitée d'honneur ? Magdeleine de Souvré, Marquise de Sablé et amie proche du célèbre La Rochefoucauld (1613-1680), était reconnue pour sa grande beauté. Elle reçut l'élite des précieux et des précieuses et lança la mode des maximes dans ses Salons. C'est là que vraisemblablement sont nées les Maximes de La Rochefoucauld (1613-1680). Grâce au Grand Vatel (1631-1671) et à la Marquise de Sablé, la notoriété du véritable Sablé, dont la recette est perpétuée par la Sablésienne de biscuiterie, reste toujours bien vivante.

*Cliquez sur les 2 dernières photos, la 1ère renvoie sur le site officiel de la ville, quand à la 2ème elle est incontournable si vous voulez en savoir plus sur cet ensemble de musique baroque ;-)

Accompagnement musical :

Marc-Antoine CHARPENTIER (1643-1704)

Médée 1693, tragédie lyrique en cinq actes et un prologue

sur un livret de Thomas CORNEILLE 

Extrait  : Ouverture

Les Arts Florissants - William CHRISIE direction 

Extrait de :

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